Amérique
Je vis dans un monde
prison de désirs
de solitude et de peur
au nom d’un dieu
qui se prétend Amour
et ne rêve que de guerres.
De ce dieu qui carbure
au pétrole et vampirise
les «pauvres» anges déchus.
Ma vie :
Contemplation de jeunesse
de beautés extases
de rires d’enfants complices
générateurs de jouissance
mélodies de caresses – affection
Ma vie :
Révolte constante contre la misère
érigée en système.
Ma vie :
rêve d’amour, de fraternité.
Je me heurte au passé noir
des visions bibliques
intolérances devenues modes de vie .
Je vis
de cette jeunesse qui m’appelle
à vibrer à la folie
à idéaliser jusqu’à la lumière pure
Je vis
ce nouveau Québec
qui s’éveille lentement
libre , fier et tolérant.
Pays nourri à la source
du grand fleuve liberté.
Gaston Gouin
Quebec my love
Tu pèles tes penseurs
À coups de solitude
Tu assassines les Gouin
Par distraction
Quebec! Quebec !
La neige est-elle encore blanche ?
Le vent aussi tendre ?
Les policiers se gavent du sang de la jeunesse
Les ruelles debout , vraies putains de nuits sombres,
Oeillent piteusement Wesmount .
Quebec
QUEBEC BEFORE LIBERTY
- Gaston Gouin est un jeune poète de l’Estrie ( Vaucouleurs), au Québec. Des amis ont longtemps cru que son accident de moto avait été provoqué par des membres des services secrets du Canada ou la GRC. La présence de Pauline Julien et Pierre Vallières à ses funérailles renforça la thèse que Gouin avait un lien avec le FLQ , un mouvement terroriste rêvant de l’indépendance du Québec. Par contre , sa famille ne croit pas à l’attentat. Quebec sans accent est l’appellation anglophone de Québec.
Extrait de l’Amourajeux , devenu Portrait d’une révolte , après remaniement…. temporel … Il faut avouer que les bombes du FLQ ont aidé à préserver le français comme langue au Québec.
Liberté ou octobre 1970
Pour un mot,
prononcé à peine plus fort que nos délires
Les boeufs
ont pillé nos greniers
ont mordu dans nos rêves.
Ces salauds
ont perquisitionné jusqu’à nos larmes
Mais, nous sommes forts de notre vérité
plus forts que l’armée …
Nous sommes une société mise à nue
Et nos cris claquent sur le roc
deux cents ans de frustration et de misère.
De porteurs d’eau que nous étions
nous sommes devenus porteurs d’espoir !
Dans nos champs
germent des grenades de liberté
qui explosent
aux visages avariés
de nos maîtres.
Maudits êtes – vous !
Vous qui nous avez fait ramper
Vous qui avez sapé jusqu’aux souvenirs de notre race
Nous sommes encore debout !
Et nous crachons au visage de votre infamie
parce que l’on sait que malgré nos faiblesses
NOUS VAINCRONS !
VIVE LA LIBERTÉ !
VIVE LE QUÉBEC LIBRE ! !
En 1970, environ 500 victimes innocentes ont été emprisonnées sous la loi des mesures de guerre du gouvernement fédéral canadien pour écraser le rêve d’un Québec indépendant. Le Canada a toujours méprisé le Québec, sauf, lors des élections et des référendums. Pendant que le gouvernement canadien se promène par le monde, fait ses guerres pour les Américains, il refuse de reconnaître le droit du Québec à son indépendance, allant jusqu’à utiliser des moyens interdits par les lois du Québec, pour empêcher ce rêve de se réaliser. Le Canada est non seulement un pays anglophone, mais il est aussi le royaume de l’hypocrisie. En politique, on appelle ça : diplomatie.
Extrait de Chair de poule.
Misère … éternelle
Il est difficile de se voir dans l’agonie de sa lucidité , impuissant à vivre sa vie d’homme ; d’échapper à une enfance maculée de chicanes de famille pour dérouter les créanciers ; d’échapper à ces années brûlées d’efforts à s’instruire de mille et un mots fardés pour éviter le mot sexe.
Il est difficile de se soustraire à son rêve et se reconnaître minable et bouffon aux mains d‘un système assassin. Nous sommes de petits soldats de plomb , enfoncés dans les marécages pour qu’il en coûte moins cher en cimetières capitalistes.
Nos taudis nous ont appris à lutter avec l’hiver , à se blottir dans nos haines , à se bien porter malgré nos odeurs de fièvre.
Notre religion a conquis les miettes de notre dignité d’animaux jouisseurs et les a placées sur les autels inodores de la chasteté. Qu’avons-nous à nous plaindre ? Le monde a toujours été ainsi : il faut aimer sa reine , son boss et sa misère. Capitaliser , tuer , guerroyer , résultats inéluctables d’une morale castrée.
Le ciel sera beau !
Un dieu , charognard , grugera nos os maigres durant toute une éternité et de temps en temps , pour se distraire , boira nos poèmes à sa mémoire et à sa gloire.
Oui ! Faux dieu de l’argent , nous te ferons un monument quand on se rappellera que des générations sont mortes en espérant pour rien ton royaume de justice , de paix et d’amour.
Un monde de mensonge . Nous ferons un monument pour que chacun se rappelle à jamais ce que fut ce fameux royaume tant que tu l’habitas avec ton crois ou meurs , ta production d’armes pour ta maudite autorité , tes piasses et ta puissance … jusqu’à l’espoir de n’avoir ni dieu , ni maître.
Aussi , peu échapperont au grand désarroi de nos muscles tendus qui éclateront de rage pour laisser vivre nos instincts jusqu’au bout de leur route.
La ville est une poussière d’amiante logée dans nos poumons . Nous cracherons le sang de ne pouvoir vivre l’infini en nous ; au bout de nos doigts , valsera cette décharge électrique lancinante qui nous secoue de lucidité. Besoin de jouir !
Nous ferons sauter les pinces qui replient vos doigts contre nos gorges . Nous en avons assez du gouffre . Nous voulons nos plaines et nos rivières . Nous revendiquons le droit à notre langue . Nous désirons un pays . Nous sommes fatigués des sarcasmes.
Le Québec est un territoire locataire de son corps , locataire de ses sens , un peuple castré de sa vie. Peuple -désir … Nation à naître … Coûte que coûte !
LA LIBERTÉ , ÇA SE PREND
SANS PERMISSION
S’IL LE FAUT …
Révolte
Les petits crachent aux gros
- « Tiens-toi bien paquet
J’en ai plein le casse …
Tes hivers , je le réchaufferai à l’hélium
Tes puits de pétrole , je les boirai dans mon café
Je t’y pendrai à la lune par tes sous-vêtements
Venez salauds !
Vous allez l’apprendre
Le coût de la vie
À grands coups de pied au cul !
… Chacun son tour …»
INSURRECTION
Le jour et la nuit dansaient
Un brin de lune dans l’oeil
Et , sous une nuée d’étoiles ,
Au chant des bombes,
Les hommes dormaient
Un arc-en-ciel dans la tête.
Les moutons rochers , la glaise fêlée, les arbres martiens collent à la croûte terrestre devenue pain noir. L’urine nage à la rivière et plonge à nos narines après avoir sucé le ventre des poissons – mouches dans des canaux cirés de béton . C’est un Atlantide , point Québec , point d’où les Américains expédient amiante et pétrole en corbillard tandis que la France danse un streap – tease à l’Italie bandée. Funérailles pour vieux empires en décomposition.
Terre , gueule de bois, mal foutue, immense rôtie que pourrit notre folie à te vouloir déposséder. Nous déshabillons les forêts, étripons les sables bitumineux , enrichissons les capitalistes pervers qui n’ont pas appris à respecter l’homme et la vie.
Quand nous aurons trop faim
Les sabres sortiront de terre :
La vie tremblante entre nos doigts
Comme d’immenses bancs de poissons
Se vengera à vitesse folle.
Vous avalerez
Sans avertissement
Vos crises économiques
Votre mondialisation de la pauvreté.
Pendant que nous
Nous découvrirons la solidarité internationale
La solidarité humaine planétaire …
Votre pouvoir monopole éclatera …
Ce sera trop tard pour vous
vous serez déjà ruinés …
La richesse
Petit gueux pour avoir ta soupe
Tu dois monter sur ton orgueil,
Enfourcher les malédictions de tout ce brouhaha inutile
Des guerres – spectacles , te réduire à néant
Juste pour le plaisir
De flotter dans un petit peu d’alcool.
Who has no money
Is nothing
American way of life
Pauvre petit Québec !
Cet abcès te pend au nez
L’or coule dans tes veines
Et , pourtant la richesse
La seule vraie richesse :
La liberté de t’aimer.
Tuer la poésie , c’est assassiner la race humaine.
Janou St-Denis
LE SYSTÈME
Mafia planétaire institutionnalisée
Hollywood de démocratie
Avec CIA ou services secrets
D’ici et d’ailleurs
Appui aux générateurs de taxes
Pour pauvres
De profits – intérêts
De valeur ajoutée
Pour riches et multinationales.
La Trinité de l’exploitation
Politico-militaire
Religio-judiciaire
Industrio – politique
Grande efficacité millénaire
En croissance linéaire
Trois mousquetaires éternels
éjaculateurs de structures de dépendance…
Politiciens-marionnettes :
accouchés dans les draps de la haute finance
vendeurs de dope
Protecteurs de proxénètes
Pourvoyeurs de violence
Assaut-secours de la castration
Autoroute de l’autorité dictatoriale
Religions judiciarisées
Assises entre les cuisses de juges
Entretenus à l’arsenic
D’une morale médiévale
De chasse – aux – sorcières
À la liberté sexuelle individuelle.
Justice d’avocats fournisseurs de mots
Pour contrôler la pensée populaire
Entretenue par des curés schizophrènes
Catholiques
Musulmans
Bouddhistes
Chamans
Juifs, etc, et il y en a …
… religions maximum de profits assurés …
Conquête de l’esprit
Par l’opium de l’inconscient – tradition
De la peur et de l’insécurité
Du grand voyage absolu
Révolu à tous et chacun …
… Grande schizophrénie freudienne …
D’un océan d’informations- manipulation
Tout ça pour entretenir le grand dieu
CAPITALISME
Assoiffé de profits et de pouvoirs
Tout ça pour entretenir le grand dieu
COMMUNISME
Assoiffé de pouvoirs et de profits …
Le système : vampire des pauvres…
L’OR NOIR
Signe de mort :
Un ouvrier s’est sacrifié au travail
pour un coin de ciel.
Signe de vice :
Un père a tenté de voler
question de dignité , de justice sociale
pour lui et ses enfants affamés.
Filament diabolique
Sang de dictature économique
Raison d’organiser les guerres
Me voici ! L’or noir ! Le PÉTROLE !
Je suis le véritable dieu
Le riche aux yeux des pauvres
Le pauvre de ne pas être assez riche
Le pauvre en liberté
Le riche en apparats
Le diamant liquide…
Je suis le rêve blotti déguisé en $
dans les poches de l’état
Arrache- coeur
Crève – esprit
Taxes sur impôts pour plus-value…
Devenir encore plus riche :
The human dream.
Ultime rêve humain.
Je sers la grande cause
d’enrichir la patrie
les groupes de pouilleux
Qui agitent les cordes des marionnettes
Politiciens véreux et toute la famillette .
Banquet national du marché mondial.
Devant moi
osent gémir
la liberté
la dignité
comme si un coeur a le droit de s’agiter
sans un bon compte en banque
Ça suffit !
Je me souviens
où conduit la liberté et la lucidité
de cette liberté qui jadis déjà
m’enleva de vos poches crasseuses
me cloua dans la basilique St-Pierre
où enfin je respirais la richesses au-dessus de l’autel
pendant que des hommes s’affolaient avec leurs sacrilèges
et d’autres criaient ma vérité :
La piasse vaut plus que les sermons…
Qui étaient ces voleurs
vendeurs d’indulgences
pour crier toujours:
« Une médaille pour quinze sous ! »
Était-ce des prêtres ou des brigands ?
une compétition à toutes les éternités ?
Une culbute par ci , une culbute par là
Devant un homme comme tous les autres hommes
prophète schizophrène de tous les au-delà
Véritable cirque de nausée
me fit dégueuler sur l’autel à mes pieds
Forfait qui me coûta le bûcher .
Je suis né pour brûler
je suis la torche de la fin des temps !
Dénoncé par le vin bavard et jaloux
Condamné par l’Église et l’État
D’avoir refusé de les servir
Une seconde de plus
Rationné, je devins.
Pauvre de moi , je priais
Dieu demeurait silencieux
La foule devant moi
Craignait
Se mordait les lèvres
hypnose collectif de peur
de mon absence prolongée
sans ma présence, augmentation du prix
Et, si la paix régnait ….
Ce serait la fin, la catastrophe.
Un vent de liberté m’empoigna
Me contraint à crier
la vérité toute nue :
Vos péchés , votre enfer ,
Messeigneurs l’État et l’Église
Votre ordre et votre démocrassie
Tout comme votre sale justice
Au nom de la LIBERTÉ ,
de la DIGNITÉ
De l’HOMME
Foutez- vous -les au cul !
PEACE AND LOVE
Au nom de mon enfance
De la solitude
Du gouffre de la foi
du viol religieux des consciences
En plein visage
Je vous flanque mon pénis
étendard des droits de l’homme
Et je vous crie :
Peace and love
À vos usines aux odeurs pernicieuses
L’esclavage du travail ,
les cadenas des règles sociales
Les prisons de la foi et de la peur
Je vous oppose LOVE
Courir nu sur le bord de la plage
Faire l’amour sur le gazon
Convoiter toutes beautés
Créer des paradis
Retrouver l’homme , enfin !
Peace and love
À l’enfer de l’humiliation
Les cris de la révolte
La futilité de votre argent
Vos croyances – vos péchés
Non ! Cent fois NON !
Vive les châteaux en Espagne
Constructions malhabiles de nos rêves
Fierté de nos vices convertis en vertus
Peace and love
PEACE
Finis les Vietnam
Finis les Tchétchénie
Finis les Rwanda , les Darfour
Fini les Tibet et les Québec
Finies les guerres de religion
Finies les dictatures des énergies essentielles
Pour sauver l’économie basée sur la guerre .
Israéliens, Palestiniens
se chamaillent
de dictature morale en dictature morale
pour assouvir leurs dieux désincarnés.
PEACE
L’Homme est un corps qui souffre
L’absence de communion
L’absence d’un vrai dieu d’AMOUR
L’homme est aujourd’hui un être
Catégorisé
Classifié
Sectarisé
Divisé
Absence de droits humains authentiques.
Un petit profit à empocher
Un petit fidèle à berner
Un petit rien à jeter
s’il ne rapporte pas… queuque piasses …
L’oubli quotidien :
l’AMOUR et la LIBERTÉ
l’AMOUR et la SOLIDARITÉ
seuls pouvoir de la pauvreté.
USA et cies
Vous vous êtes glissés dans mon lit
Une bombe dans les yeux
Des morts et des morts
À n’en plus finir gisaient
Près de mon corps blanc de peur …
Quand cesserez-vous de jouer à la guerre
pour reconstruire des villes , des pays,
que vous vous amuserez à re -détruire
nourriture essentielle de dépenses inutiles
dragon qui s’auto- bouffe pour garder l’équilibre.
Allez-y bande de salauds
Faites-le sauter c’hostie de globe
Vous l’aurez
Votre autorité
Votre prestige
Votre puissance
Mais il sera trop tard
— votre conscience endormie —
la terre se sera régénérée
en se débarrassant de l’homme
ce psychopathe intemporel …
À vous de réveiller plus vite
tant qu’il en était encore temps.
C’est bien ce que vous dites ?
La liberté court les rues
Flambant nue six flics au cul
Je l’ai vue l’autre jour
avant de voler son pain
elle avait l’air bête
notre liberté.
On aurait dit qu’en plus de ne pas se coucher
elle n’avait pas cessé de se torturer elle-même
Je sais bien qu’elle est tombée de son estrade
je sais bien qu’à passe son temps à l’usine
qu’elle en a assez de devoir se cacher pour se masturber
Mais … mais
Est-ce une raison ?
N’est-elle pas bien chez-nous ?
La liberté !
Allez voir ailleurs , vous allez voir …
Évidemment , elle traîne
avec les squeegees, les punks , les yo
en plein été, dans les parcs , devant les enfants, nue,
au nez des américains venus nous reluquer
nous entendre parler joual.
Elle peut bien brailler , la liberté
Elle se ramasse avec les autres
en prison , à Bordeaux.
Elle nuit au commerce touristiquo- bed-inn
En tôle , elle se fait haïr
elle ne se lave pas.
Les autres doivent mettre ses guenilles
prendre ses pieds d’athlètes :
quand t’es jeune, tu ne veux pas de pantalon
Avec une tache fournie dans le fond.
La liberté , elle , qui avait tant d’avenir … !
Je serais pas surpris
que bientôt elle se lamentera dans les journaux
comme si elle avait de quoi dire…
Pourtant ici : tout le monde est heureux
Y a rien qu’elle qui chiale …
Faut croire que la liberté
c’est fait pour être gardée en prison.
ANARCHIE
Le dieu américain assis en yogi oublie le temps des lilas
quand on lui flaque au nez l’urine des chiens tapettes
élevés fils de roi mondialisé héros de miracles vendus dans les rues
pour retrouver sa trace perdue au cours des siècles.
Pour nous les crottés, les béquillés, les morveux
les capitaliste grenadent les communistes
les catholique torpillent les anglicans
les musulmans brûlent les bouddhistes
et vice- versa
au nom de la charité … Peace on earth !
pourvu que ça paye … !
Pourtant la vie , c’est la terre en sueurs
sous les fesses amoureuses d’un petit gars
qui fait pipi en plein rue Ste- Catherine
sur la tête défrisée de la reine d’Angleterre.
La vie , est un long «french kiss » à l’anarchie.
LE BAL DE LA VICTOIRE
Blottie dans un rideau,
La mer, sur le bout des orteils,
Fait de l’oeil aux étoiles
Et dans sa frénésie
craquent ses os d’un bruit de vieux métal
Qui chatouille Satan et le rend hors d’haleine.
L’amour est grand roi
Même le lion lèche la gazelle
La haine est brigand
Même les jalousies sont en quarantaine.
Et, c’est grand bal de la victoire.
St-Michel danse avec la vierge Marie
Au tra la la des gémissements humains
St-Jean sert le cocktail
-au musc de putain -
Dans un bocal de chair
Et dans une troisième leçon
La Ste-Trinité s’embrasse, ivre de passion
Devant les chérubins
Qui tripotent les archanges.
Tiré de Hymne à l’amour, le vice et la révolte. 1968
LA NOCE
Prix Normandie- Canada 1967
Médaille de la ville de Lisieux , France.
De mon lit
Où nous étions seuls tous les deux
Étendus entre deux feux
J’ai entendu
Les portes de l’enfer
Gémir aux quatre vents.
Satan claquait des dents
Au rythme d’une valse
Que dansaient ses amants
Lucifer prenait un verre
À la santé des mariés du jour
Qui, en l’occurrence ,
Étaient nul autres que nous.
Pour regarder
Par le trou de la serrure
Belzébuth
Faisait la culbute et nous
Nous grelottions
De peur
De peur
D’être trop jouisseurs
Au nez de nos compagnons
D’une nuit en enfer.
Tiré de Hymnes à l’amour , le vice , la révolte.
La leçon de la croix
Jésus encor enfant , il n’avait que douze ans,
regarda son pipi, lui toucha même un peu,
et le mesurant à celui d’un compagnon
il gémit sur son sort : « Comme il est petit . »
Pour oublier sa honte, il fuit toute sa vie
femme et compagnon et même la solitude
il chercha dans l’esprit une compensation
lui permettant d’aimer sans vendre sa chair.
Et ainsi, d’une frustration à l’autre,
pour oublier la peau douce des garçons
de onze à dix-sept ans de préférence
il fit de con combat celui du genre humain :
anéantissement de chair pour sauver un fantôme.
Quand sur la croix , il fut frappé de vérité,
il dit à Jean : Fais avec Madeleine
ce que j’ai toujours souhaité et n’ai jamais osé
Baissant les yeux sur son corps mutilé
malgré les souffrances, il sentit raidir son sexe,
et proclama son ultime credo :
je suis homme,
depuis que je suis nu.
Marie- MadeleineJésus frétillait comme un poisson
sous les doigts de Marie- Madeleine
buvait ses larmes comme un vodka
et dansait de délires sur ses iris.
O Madeleine ! O Madeleine !
Comment peux-tu de ta chaleur
bouleverser tous mes principes
tu sais Marie, tu sais, Madeleine,
j’aime les garçons et , sous ton nom
ta chair est maître.
Comprends Marie, comprends…
un seul jour , une seule nuit
avec toi clouée dans mon coeur
c’est peu, une image dans une boîte ,
mais un baiser suffit à oublier :
je suis né pour sauver, non, pour vivre.
Marie , Marie , l’homme est de chair
et sera dieu avec et par la chair
elle libère, elle élève, Marie .
C’est là mon salut :
apprendre aux hommes à aimer
aux frémissements d’un corps
un corps dans l’espace et le temps
un corps prisonnier d’un esprit.
Marie, je dois leur apprendre
le salut à travers les beaux vices
Marie ! je dois leur apprendre
Ils placent le mal, là où il n’est pas.
L’amour est sans violence…
Et, Jésus , les larmes aux yeux
s’éloigna en gémissant : un je t’aime.
L’amour est d’abord un désir
le désir d’un corps jeune et beau.
Et, sur les lèvres de son cousin, le petit Jean
il s’évada oublier sa douleur…
dans un 69 qui , jamais , ne fut égalé
en plaisir et en passion …
Les enfants mal aimés
Mes talents sont en prison
Pour protéger les jeunes
De la jouissance de l’éveil.
Mes talents sont crucifiés
Pendant que la misère de l’ignorance
et la pauvreté trônent dans les quartiers.
La répression sexuelle domine
Les crimes d’une justice pourrie
Où tuer est moins criminel que d’aimer.
Le fascisme a pris racine
Dans nos peurs et nos croyances
Portées par la vipère victorienne
Jusqu’à l’apothéose de l’hypocrisie.
Tout est argent dans ce monde vil.
Tout est domination dans cet enfer.
Les jeunes doivent apprendre
Le péché de la lucidité .
Je serai délinquant dangereux
Un allumoir, une flamme d’amour
Proscrite dans cette société
instigatrice de violence et de misère.
À travers leur morale perverse
j’entends monter les cris
des enfants dédaignés.
Et je les aime déjà à la folie.
L’éternité
J’irai au-delà
tailler une pipe à Cupidon
St -Jean-Baptiste , Dominique Savio
à toutes ces beautés Caravage.
Amour vainqueur !
J’irai danser
au-delà de vos lois crapuleuses
de vos hypocrisies de vierges offensées
de vos Tartuffes judiciaires
noyés dans des partouzes de cognac.
J’irai jouer
au-delà du parallèle de la vie
au-delà de la vie -morte d’une société
qui, apeurée au moindre coup de pouce sur la tête,
charrie dans l’infiniment petit
de la morale judéo-chrétienne
et l’infiniment sale de son application.
J’irai
proclamer que Dieu n’est pas un monstre
expliquer la liberté à ceux qui veulent vivre
jusqu’à l’anarchie responsable.
J’irai boire
dans la liberté absolue
intrinsèquement consentante
boire à ta beauté- hypnose
Bel adonis ! Corps – extasy !
J’irai jouir
de cette liberté invincible
de nos coeurs en délires
au-delà de la cécité des prédictions
d’une main- CIA , armée de malheurs.
La parole prophétique de l’aveugle ,
ADN de l’histoire , se réalise
Dans l’espoir et la joie de vivre.
Nous nous devons à la vie
à notre pays à construire
au-delà de vos langages pestiférés
de haine et de mensonges
de colons qui refusent la liberté.
Nous nous devons au Québec
à ce beau pays du Québec
où nous serons heureux
de jouir de la lumière illimitée
de ton sourire …
Nouvelle terre illuminée d’amour !
Filles d’Amérique
Indigènes filles d’Amérique ou d’ailleurs
Gratte-ciel dans ma campagne
Mettez vos bas de laine ,
Si haut ils sont
J’accrocherai mes lèvres
Frémir ce parfum
De la paume de ta main
Ma barque tant adorée
éclorent les siècles
Carcans de bois.
Aux étoiles asséchées de couleurs
Je fournirai la palette de mon genou
Et les misères humaines en fond de teint.
À table
Vietnam
Biafra
Bangladesh
Etchétéra ra ra
La folie religieuse flotte
Dans les perversions machos
Excisions
Circoncisions
Castrations
Insoutenables bêtises humaines …
L’hiver demain
Les os claquetants
Les ongles charnues
Lessivera tes coteaux
De ta chevelure
nuitée
Chanvre pacifique
Sortiront les lys noirs
Avec des haut-le-coeur
Obus pourris de misères
Des crises à la 29
Inventions américaines
Pour une poignée de sous
Indigènes filles d’Amérique
Je troque vos yeux contre un feu de sourires
Le printemps sur mon pays
La libération amorcée.
Comment pouvez-vous
Faire de l’amour un gangster
Pour répondre aux moralistes intégristes
Curés des temps modernes ?
Femmes d’Amérique
Portez la liberté au-delà du mépris
Dans la dignité de votre égalité
La beauté de votre sexe
Il n’y a pas d’hommes , pas de femmes
Il n’y a que des humains …
J’ai besoin de toi
J’ai besoin de toi
Comme de respirer
Besoin de ta beauté
Guide de ma liberté
Besoin de ta nudité
Pour arpenter la vie
Apprécier les formes
Admirer les profondeurs.
Tu es ma boussole galactique
Mon espoir intersidéral.
J’ai besoin de toi
De toutes les couleurs
De toutes les langues
J’ai besoin de toi
Ô Québec éclaté
Pour montrer au monde
La vérité amoureuse de notre peuple
Sans le casse-tête de la vie répressive
D’une sexualité crucifiée.
J’ai besoin d’ivresse
Pour chasser la violence.
J’ai besoin de voir
D’être ébloui
D’être excité
Par ta beauté
D’être hanté par ta présence
De fantasmer ta nudité
De t’aimer à renverser la terre.
J’ai besoin de toi
Comme pôle opposé à la mort
Pour rêver de paradis.
Le Québec est un bel enfant
Un adonis adolescent
Inter -racial , inter -culturel,
Plate-forme de vérité , de démocratie
Dans l’hypocrisie canado -américaine
Où tout est argent et sans amour …
Le Québec est un sourire
Dans l’enfer de 1984
De l’homogénéisation
Communiste -capitaliste rapace …
De la mondialisation de l’exploitation.
Je suis déjà de toutes les itinérances
Des grandes fresques de la tolérance
Dimension fragile recherchée
Entre la vie réelle et la mort.
Je marcherai sur ma mort
J’y danserai le quadrille
De notre beauté
La beauté de notre LIBERTÉ.
Dégradation
L’homme est un ordinateur
Sous contrôle de haute finance
De curés branleurs de langue
D’hommes coffres-forts.
Vocation
Engraisser la caisse
Des gros bras productifs
Le plat de chair à canon
D’idéologies assoiffées de contrôle.
Mission
Mourir sans rouspéter
Laisser sa peau
Aux exploiteurs
Des rapports financiers.
Identité
N’être rien
Ne dire rien
Ne penser rien
Être tout au plus
Un masochiste exploité
Un travailleurs servile
Un prostitué dévoué
Dans le grand circuit
Universel
De la pègre organisée.
Programme
À gauche , à droite
Même combat
Même délire d’exploitation
Par des mains toujours sales de sang
Domination de l’homme -bête -démon.
Piège spirale bâillonné
Dans le temps et l’espace du cerveau …
Il n’y a plus que la souffrance
Depuis que l’on interdit l’amour.
Lucifer est impérialisme anglais !
Vive le Québec libre
Vive le Québec libre, libre, libre !
À droite toute !
Je vis dans un pays
le Canada fasciste , état policier :
Où les jeunes apprennent à faire l’amour
À coups de peur et de tabou :
Fruits de jalousie et de délation …
Dans un coin de pays
qui n’est pas encore né
Qui ne se connaît pas encore
Qui se cherche dans le miroir des illusions …
Je vis dans un pays
où la démocratie se meurt
dans la bouche de nos éditorialistes
pour laisser en paix nos pontifes ,
experts en Brinks , opérer leurs vols sociaux .
Un pays
où la délation est rempart d’une morale
de domination , d’inquisition .
Une morale qui n’a de souffle
que dans la chasse aux pédérastes
obscurité d’aveugles qui beuglent
qui étouffent toutes divergences …
Je vis dans un pays
étranger à ma langue, étranger à mes désirs
où les doigts se cassent s’ils font l’amour…
Un pays
qui me nie
qui me saigne
qui m’étrangle
Je vis dans un pays
le pays des autres
le pays des pleutres
des faux- curés , moralistes castrés,
Féministes martyres de leur homophobie
qui immolent sourires et caresses
À une pudeur plus atroce que le cancer …
La morale sexuelle judéo-chrétienne …
Quelle supercherie ! Quel viol des consciences !
Et , je rêve à toi , mon vrai pays ,
Mon petit Québec libéré ,
Pays où je pourrai , petit ,
Te faire l’amour en liberté
Un amour si fou , si lumineux ,
Une passion fougueuse des yeux ,
Des lèvres , du pénis , de tout mon corps
Qui implose de la joie de toi …
Je rêve à toi , jeunesse éternelle ,
De cet espace-temps
Où te caresser ne sera plus un crime.
Ce texte a été utilisé pour un poème- affiche du peintre vietnamien La Toan Vinh , à Troyes , en France, en 1994. Il a été dédié à la mémoire de Marc Lachance , le 24 juin 1999 , pour souligner son suicide qu’il considère comme un assassinat. Marc aimait les garçons et avait créé de nombreux cirques en Éthiopie pour aider les plus pauvres à se nourrir et aller à l’école. Mais, notre morale débile condamne de tels AMOURS.
BERCEAU FASCISTE
Quand la beauté est interdite
le fascisme perce des dents
grignote les droits individuels
la liberté de conscience
met la vie privée au pilori
se proclame censure
cadenasse la libido
tue l’envie folle d’aimer.
La passion naît sous les doigts
au bout des langues
ivre de la beauté des ados
toute charnelle et esprit libre…
nourriture sans prix
de la communication universelle.
La courbe des fesses , la ligne du corps,
la beauté fascinante d’un regard complice,
la fraîcheur de l’esprit et l’extase des yeux
chemin de l’amour universel :
plaisir anti-racisme , illumination
malheureusement que trop passagère.
La vie est un petit sexe bon à dévorer
malgré les pims et proxénètes
de la pauvreté , de l’exploitation
de la main-d’oeuvre à bon marché …
Malgré les castrations morales
fruits des religions et des bourgeois
pour criminaliser l’amour.
Jadis, on disait que l’Amour est Dieu …
J’accuse le temps des non-dits
D’avoir étouffé l’époque des baisers et des joies.
J’accuse l’invasion des haines religieuses
De tuer la communication au nez de tous.
Enfants de l’ignorance
Les dieux se chamaillent
Ivres de pétrole
hésitant quant à la coupe de viande …
LE QUÉBEC EST MIS À MORT
Rêve Québec
Québec libre
Bel enfant
Peace and love
Ton sang se pétrit dans la queue
des étoiles froides d’Amérique.
Le monde est tombé de son nid
Les klaxons tuent l’esprit à petit feu
Les armes sont automobiles et famines
Le parvis des églises : misère du tiers-monde
Viol collectif des consciences…
Création étalée de malheurs :
La bouche des gamins est devenue vipère.
Même si tendre est la chair des amants
Nourriture dévolue aux pouvoirs assassins
Au pays des misères et des désespoirs
La pourriture s’installe entre deux peuples.
Les enfants n’ont plus de tête
Leurs pieds s’enfoncent dans la boue
Un par un ils deviennent fleurs fanées …
Je traîne la patte à crier un je t’aime éternel
personne n’entend mon coeur s’épuiser
dans les chimères à produire l’étincelle d’amour.
Les enfants demain je te dis
seront à nouveau des sourires dans les rues
Les larmes auront séché le temps d’une paix …
L’espace sera à ma main
Et j’aurai double poignet :
La liberté et l’amour.
LE QUÉBEC SERA TERRE DE LIBERTÉ …
Mes lèvres sur vos corps
paradis pour enfants de mes rêves.
Québec , terre de tolérance
Terre d’amour
Terre de liberté
Tu naîtras
Le jour où les corps auront retrouvé leurs âmes.
GRÂCE À TOI
Écorché de désirs – abcès
je prends sans crier garde
je vole des plaisirs à la vie
Ma vie sans soleil
se nourrit d’insouciance
d’intentions désespérées
parfois raté jusqu’à l’os
Et je m’en fous.
Tu es là
à courir dans mes cheveux
à frémir sous ma main
crispé dans tes rires
les jambes en ciseaux
contre mes hanches.
Je vis ce plaisir arraché à l’instant
en guerre contre la mort
en lutte pour la survie
absent à toute logique
inutile jusqu’à me taire
dans la perspective adulte.
Ma solitude perce des racines
dans l’amour silencieux
sans tête particulière
bouquet de beauté
de rien hallucinant
de rêve prodige
ma vie se meuble d’instants divins
trace un tableau venu d’ailleurs …
Je me promène malgré mon âge
grinchant de grands déchirements
entre l’euphorie et la mort
et je m’en fous
je n’ai plus peur
j’ai ton amour …
Euphorie
Je ferai un orgue de la grande machine
Elle crachera par ondes des avions bouffons
La pluie sera à percussion de fraîcheur
Elle est arrivée l’heure des clochers électroniques
Nous partons ! j’ai le coeur qui chavire
l’ivresse glisse en moi : un printemps de rosée
la journée m’appartient dans nos regards
Je creuse dans nos âmes des sourires de joie
Ah! Qu’il est beau et jeune ce soleil . Il est doux !
je suis pénétré d’amour quand je te bois
O liberté ! Je coule en chutes de joie
j’accouche des couleurs de rires
dans cette enfance reconquise …
À Maéli la fillette de Rouhed … née quelques mois après sa mort.
Rouhed Ali
1974 – 1994
J’ai mal
J’ai mal
Tu ne peux savoir , mon fils ,
Comme j’ai mal de ta mort.
Je geins mon impuissance
À te garder , à te ramener.
Ton absence m’accable, me tue.
Ma voix est un coup de poing
Dans l’éternité pour aller te chercher
Tu es une déchirure brûlante
Dans la paix intérieure de mon âme.
Impossible de dire ma souffrance
Elle est chaque moment de silence devenue.
Tu es cette douleur de vivre
Qui me déchire de ton suicide.
Rouhed
Être de lumière
Que la souffrance humaine m’a volé
Mais n’extirpera jamais de mon coeur.
Je te remercie
De nous avoir laissé
Maéli.
D’avoir accepté le partage
D’une partie de ta vie
Avec moi.
Hantise
Les ombres me courent
Où je cours les ombres
Je ne sais plus qui court qui.
Est-ce toi Rouhed ?
Est-ce toi Langevin ?
Est-ce toi Miron ?
Les trois à la fois ?
Qui habitent maintenant
À hauteur d’épaule
Juste derrière moi .
Est-ce vrai
Que le ciel
Est un petit ange pré – adolescent ?
Un Éros d’amour et de beauté…
Attendez ce ne sera pas long
Je serai avec vous
Ici la vie est trop sale
Les féministes victoriennes ont le pouvoir
Les bitches : réseau d’organes de chantage.
Chassent l’amour confondu à la chasteté
La vie n’est plus que du béton – argent.
INTUITION
La réalité est une vaste fraude
Une illusion de l’ordinateur cerveau
Tout n’est qu’ondes et lumières
Nous sommes des voyageurs cosmiques
Particules agitées dans des champs magnétiques
télé portées à travers de petits vaisseaux
Momentanément éveillés pour vérifier l’itinéraire
De cette vaste recherche d’un lieu -temps éternel.
La vie est une zone de fortes turbulences
Réveil momentané dans l’espace sidéral
Un cliché de l’endroit où nous passons .
Je suis un oeil
Observateur de l’énergie en marche
Mutant vers une autre dimension
Où je serai lumière plus blanche que la neige
Dans un monde infiniment heureux.
Je rêve -vécu DIEU …
Le bonheur parfait …
JE SUIS
Je suis une structure géométrique
Une équation mathématique
Nichées entre le zéro et le un
Le regard du présent
Interprète du décor de l’attraction
De l’espace avant -après
Parent du temps
Du regard présent
Je suis
Un infime moment d’illusoire équilibre
Dans le grand ballet infini
De la concentration et de l’expansion
Des forces de l’univers.
Je suis
De lumière et de chaleur
Le temps d’un déplacement
Universel de la ronde
Des commencements et des fins
Renouvelables et infinis.
Je suis
Le court espace
D’un mouvement
D’un rêve conscient
D’une éternelle création.
Mathieu …
de Val -d’Or
Pauvre petit
Miroir des chicanes de ta famille
Victime des statistiques policières
Chèvre manipulée par les bitches
Prisonnier des Mormons.
Je ne te connaissais pas assez
J’ai pris une chance
J’ai perdu.
La peur de la police fut plus forte
Je me pardonne
De t’avoir aimé.
Notre route aurait pu être si belle …
Pendant que vous dormez …
Pendant que vous dormez
Braves citoyens du Québec
Des chars d’assaut rouillent
Dans nos forêts iroquoises
Près des tours électriques
entre deux plants de mari …
Pendant que vous ronflez
Pauvres petits Québécois ,
Les surplus de guerre déménagent …
Passent de mains en mains jusqu’aux …
Anglophones de l’après – référendum.
Guerre civile appréhendée oblige :
Si le Québec se réveille …la GRC
Mène le bal de la démo – crassie …
S’invente des terroristes .
Pendant que vous rêvez
De vos moutons québécois
Les scénaristes fédérastes tracent
Scénarisent , pratiquent
Des plans vicieux pour l’occupation 3
De 1837 – 1970 merveilleux exemples
Des profits assurés en spéculations immobilières
De maisons délestées de leurs fantômes
Aux Dion , Bertrand et cies …
Bons fédérastes convertis
Aux bénéfices de la goujaterie …
Pendant que vous cauchemardez
À payer une indépendance
Que vous n’avez pas eu le courage de faire
Le fédéral se prépare à vous trancher la gorge.
Rêvez ! Rêvez !
Car, si vous ne vous réveillez pas
Bientôt vous rêverez en anglais …
Mourir
s’éclater
se transformer
se multiplier
dans l’univers infini …
Échapper aux frontières
rejoindre le trou noir
de la naine éclatée
perpétuel recommencement …
Mourir
jouissance éternelle
de la lumière – appartenance
paix de néant neutralisé …
Je suis blanc d’amour
pour toi mon frère de couleur
pour toi ma soeur , ma compagne
mon égale .
Mon bien – aimé, mon ange, ma compagne
de glaise et de poussière
sans corps sans sexe défini
découverte éternelle à revivre
je voyage toujours seul
à ta recherche.
Tout n’est qu’esprit
beauté – lumière
réalité.
Le sens de ma vie
J’ai pris mes rêves
Pour une mission.
Je suis grimpé sur l’illusion
D’avoir le verbe et le pouvoir
Prophète d’un petit peuple
Devenu grand , grand , grand …
L’Éverest de l’Amérique
L’adulte libéré de ses peurs …
Petit messie à la gogo !
J’ai récolté désillusions
Je ne sais plus ce qu’est ma vie.
Je nage dans le vide .
L’amour est-il passion ?
La mort plus vivante que la vie ?
La solitude , notre réalité profonde ?
Je ne sais plus
Ce qui importe.
Mais, j’ai une certitude
L’argent ne vaut pas une caresse …
La vie : expériences et bonheur
La vie : défis à relever
La vie : malheurs à encaisser
Ma vie : consumation lente inexorable.
Plus les détours sont grands
les fossés profonds
les tempêtes incontrôlables
plus les paysages sont féeriques après…
À Jonathan Gagnon
RENAISSANCE
L’oeil de la nuit
sur ton corps
tel un diamant
d’une Amérique abandonnée
à l’hiver de ma bouche.
L’oeil de la nuit ,
danses et arabesques
aux nervures de ta peau ,
aux replis de tes lèvres ,
port pour ma salive agitée.
L’oeil de la nuit
surgit derrière la paupière
du temps de la honte :
Québec , mon pays ,
ma passion étouffée
sous la nuit
de la terreur des mots.
N’entends-tu pas les cris
conjugués
des Patriotes de 1837-2037 ?
Ne ressens-tu pas
les credo semés jadis
éclater dans nos artères
à nouveau ?
Ne ressens-tu pas ce besoin
d’étouffer ta honte,
de laisser exploser
cette rage de liberté ?
N’entends-tu pas
ces gestes
d’espoir et de fierté
battre nos tempes ?
J’entends au bout de mon poing
un cri noir de vengeance
un rapport à l’ordre , notre ordre
Que la peur avait travesti en sagesse
avait brisé , déchiqueté …
L’ordre de nos routes
Vers des fermes vertes
Des usines autogérées :
un pays – enfant
qui nous appartient.
L’ordre de nos coeurs
de nos sacres , de nos efforts
l’ordre de nos coups de hache
dans les maisons de finance.
Oh oui ! J’entends ce cri
sourdre en moi à travers toi ,
cet appel d’autonomie , de fête,
cette rengaine immortelle.
Oh oui ! J’entends ce cri.
Québec , mon bel enfant ,
je ne te laisserai jamais
pour mort – né …
j’en appelle à la réincarnation.
Nous sommes passés
de la mort à la vie
ton souffle dans mon cou ,
tempête de neige
vague de haute marée
pousse nos cheveux
ces lierres d’alpinistes
jusqu’au sommet de la liberté.
L’appel de la nature
À l’ombre de ta jeunesse
En transe et devenir
Tes lèvres -paysages
D’ailleurs et hors nos murs
M’incitent à voyager
Sur le fil tendu
De nos amours interdits.
Espace pédéraste
Mon pays n’a pas de nom
Je suis de race pédéraste
Je contemple la vie
Rivé à l’extase – sourire
Des premières éjaculations
D’un petit bonhomme qui me plaît.
Mon pays n’a pas de nom
Je suis de race pédéraste.
Je bois l’amour et le bonheur
Au bout de petits organes
Qui apprennent en soubresauts
Les gammes de la jouissance.
Mon pays n’a pas de nom
Je suis de race pédéraste
De ceux prêts à mourir
Pour un regard
Pour un toucher
Pour juste un peu d’amour.
Mon pays n’a pas de nom
Je suis de race pédéraste
Et, c’est pour ça
Que l’on m’exclue
Que l’on me chasse
Que l’on m’accable
Qu’on me condamne.
Amour antithèse de la guerre et de la drogue
Amour antithèse de l’inégalité , du jugement
Amour fascination de l’autre
Amour – compassion anti – misère
Je n’aurai jamais de pays
autre que le corps d’un gamin
Que je découvre
Avec ma langue …
L’infâme interdit
Aimez-vous les uns, les autres
premier précepte de Jésus de Nazareth
aimez même vos ennemis
comme Dieu vous aime ;
mais ne vous touchez pas
point de désirs charnels …
Ne vous embrasez pas l’un pour l’autre.
aimez-vous comme des esprits
sans vous le dire en caresses
vous touchez ? Vous n’y pensez pas !
Le crime, la honte, la malédiction
divine dans les délires religieux…
Lois d’hypocrites ! contre-nature !
Lois de fanatiques qui rejettent le corps !
Déni du plaisir , déni du corps et de sa beauté ?
Interdit parano – schizophrénique des sens
morale ressuscitée des ordures de la peur.
LA LIBERTÉ OU LA MORT …
Comment puis-je te dire JE T’AIME si je ne peux exprimer ma fascination pour toi ?
Comment puis-je te dire LIBERTÉ si je dois ramper devant le code pénal ?
Comment puis-je te crier la BEAUTÉ que je chante en toi , mon pays , mon petit ?
Cette beauté que j’ai besoin de toucher et qu’on me ravit au nom de je ne sais quel dieu , quel mensonge.
À cause de vous
Curés
À cause de vous
Politiciens verrats
À cause de vous
Féminounes homophobes
À cause de vous
Prostitués de la morale
Indésiré partout
Je suis privé de folie
Je dois parler langue étrangère
La violence s’infiltre dans mes chansons
À cause de vous
Chaque jour je suis assassiné
Mais CONTRE VOUS
J’ai les doigts qui résistent à la vengeance
Cramponnés dans votre fosse de béton
Ils me parlent de Riel et du Québec
J’ai les doigts saignés
De vos coups de fouet
Je suis sur mon lit d’agonie
Dans mon sépulcre
En forme de vos buildings
Je suis muré . Claustrophobe . Axphysié
Par vos choix unidimensionnels
Le monstre que vous vouliez créer
Pour vous servir
M’apparaît pour être tué.
Entre l’enfance et l’adolescence
Mon corps se mute
Se démute perpétuellement
Au rythme des tempêtes que j’assume.
J’ai le vouloir de vos corps , de vos corps -coquilles , de vos corps -paysages , de vos corps -fleurs , de vos corps -poissons , de vos corps -oiseaux , de vos corps- océans , de vos corps- vie que la mort n’a pas encore flétrie , de ces corps qui permettent de passer de l’agonie à vie.
J’ai besoin de vous pour vous dire :
Il est encore des vies qui méritent d’êtres vécues.
Fascinations des corps comme les vôtres
Admiration, désir de chair et d’esprit
Amour divin , soif d’infini…
Je vous aime avec mon sang
Je vous aime à en mourir.
À tous les ti-gars du monde
Tu m’es apparu LIBERTÉ et j’ai voulu te saisir
Il est des SOS qu’on lance à la face de la nuit
Des volutes de braises pour y voir jaillir les flammes du
DÉSIR
Rien n’est plus difficile que d’inventer les mots qu’il faille
pour décrire ce que nos mains tentent de créer , d’exprimer ;
Ces mains anathèmes , bandits ; ces mains proclamations,
Touche de vie ; ces mains résurrection , sensation de soleil;
Infiltrée dans la peau ; ces mains besoin de rire ; ces mains
Cicatrices ; ces mains sculpteurs d’instincts ; ces mains quand
Elles s’acharnent à l’antre de tes cuisses ruisselantes
D’hommages …il est un langage du geste , un langage
Spontané que ne saurait traduire la forme des voyelles , un
Langage hélas prison , plaisir castré , pourtant module de VIE.
La guillotine s’abat sur mes poignets et le sang coule vers
Toi telle une éternelle obsession à refuser de mourir …le
Soleil dans ma main …Laisse-moi le porter à ma bouche …
ACTE DE FOI
Je vous parlerais bien de ceux que j’aime
De cette rencontre fortuite entre la vie et la mort
Mais je ne saurais vous instruire je n’ai pas de mots
Ni même pour vous intéresser je suis d’un autre monde
Où l’amour peut se muter en plaisir.
Votre langage est d’argent
De domination
De répression
De travail
De gros chars
De gros tétons
Moi ma parole se casse aux cordes vocales
Se tourne sur elle-même et se tait
Je n’ai pas besoin de croix sur le bord des routes
Pour m’indiquer le chemin de la conscience
J’ai des crucifix aux nervures de ma peau
Un bûcher dans ma tête
sur lequel un peuple se meurt
Quelque part entre la vision et l’audition
un peuple de qui je connais chaque attente.
Je n’ai pas besoin de tv
Pour me dire qu’à l’autre bout du monde
Quelque part des bombes grugent les cerveaux
J’ai mes antennes : des cheveux nids d’oiseaux
Mes doigts pour forer l’avenir
J’ai mes yeux qui auscultent les lèvres
Je n’ai pas besoin de politique pour m’endormir
Je n’ai besoin de rien sinon dire aux garçons
Je vous aime !
Petits,
Votre amour
Seule raison
La seule et unique
Qui mérite de vivre autant que de mourir
Pour l’avoir vécu et payé pour le vivre.
Quand le temps viendra
Je marcherai sur ma mort d’un pas ferme
J’écouterai chanter en moi
Les cri des humiliations
Noyé à la taverne
Dans un goût de vengeance
J’hais mon impuissance !
Je danserai sur mon passé
Je sentirai me monter dans les jambes
Une gigue d’enfer
Je n’oubliera jamais
Le viol de mon enfance :
Le péché et le tabou
Ce vouloir être ange
Bonne bête
Muette et docile
Je marcherai sur ma mort d’un pas ferme
Sur la boule de cristal
Qui a perdu silence
Le murmure d’un fleuve et d’un pays m’habite
Terre d’Amérique
Qui a flanqué la liberté aux fers
Reprend ta dignité…
Amérique tête carrée
Haricot moisi
Dans le verglas de sa puissance
$
Tu as perdu dans tes piasses
Le goût du sapin et de l’épinette
Je ne sais plus très bien quel vin m’anime
Neige ,vent , arc-en-ciel ?
Je connais seulement la naïveté
De mes premiers grognements
De loup affamé d’amour.
Je reconnais seul
le jeu de mes actes d’achats
Le paradis enfoui sous la jupe
De mes premiers espoirs
Qui sentent la dope à plein nez
Assis dos à l’arbre de la Sagesse
Je sais porter le goût
De mes grandes folies
La soif indicible de tuer
Les classes sociales inégalitaires
L’immortalité de la haute finance
Le vedettariat grassement payé
J’ai dans le ventre
Un couteau
À la bouche
Un fusil
Au coeur
Une plaie.
Je fracturerai les hontes
Les envies d’oublier
de fuir
Me fuir
Je paierai comptant mes folies
Au bout de mes hivers
Pour retrouver à travers mon chemin
L’enfant que je cherchais
À travers toi en nous
Je vivrai
Sans ce cri de mon impuissance
Enfer de feu et de poudre
Peur , viol , intrusions
Conscient
De ma valeur morale
je marcherai sur ma mort
Pour reconnaître mon pays
Toi , mon petit sourire…
PASSION
Quand ton corps sous mes yeux
Chante la gamme des sourires
Tout ce que je hais du monde
Je le bannis avec tes lèvres
Je ranime le vent de ta salive
De ta voix , je chante le printemps
AVEC TOI
Au-delà du bien tout est noir
Au-delà de la folie tout est musique.
Pour être occidental
Il faut vivre mort
Pour oublier la vie
Et oublier de mourir.
SUICIDE
J’ai mal
Gangraine dans ma tête
Cancer à la bouche
Tout ça parce que je dis non.
NON à la raison seule
À l’aspirine
OUI aux émotions.
NON à la machine
À la batterie
OUI à la musique.
Je veux vivre hors de l’herbe des cimetières
des lapins dans leur cage qui crèvent
les oiseaux affamés dans le désert
dans les sentiers de lumière et d’espoir.
Je veux vivre
Contre les lois contre-nature
Imposées
Je veux vivre
Au fonds des enfers
Je veux vivre
Le feu de ma maison en flammes
Le vent dans la neige la tempête
Connaître la misère pour mieux la combattre.
Je veux vivre
La folie au pluriel
Dans toutes les tonalités
Je veux vivre tout
Vivre tout pour connaître tout
Vivre
Ce double de moi qui me hante
Jusqu’au bout de mes nerfs
Je veux le vivre pleinement
Pour mieux le tuer
Tuer toute violence en moi !
Le bohème
C’était un homme bohème
sans famille, sans pays
qui parcourait sans relâche
l’univers.
Par amour de la liberté,
il n’apprit aucun métier
faisant milles petits travaux
par le monde.
Citoyens de la terre,
ton pays est ta planète
et tous les hommes
sont ta famille.
Il fuyait toujours les guerres
pour se préserver de la haine
et conserver pour toujours son amour.
Hommes libres de la terre
pourquoi gémis-tu ainsi
serait-ce que les hommes
sont trop méchants ?
J’ai composé cette version française de « No where man » , des Beatles , pour l’orchestre de mes jeunes frères, les Pyramides . Ils en ont fait un disque. C’est une des rares fois où j’ai composé les paroles d’une chanson. Je n’ai malheureusement pas ce talent. La chanson était chantée par Serge alors que Maurice jouait de la batterie. D’ailleurs , mon frère , avait composé l’autre chanson sur le 45 tours et s’intitulait Trop jeune . Une première peine d’amour vers 16 ans … Quelle belle époque !
Encore un verre !
Trinquons , ô Satan ,
Trinquons !
Une goutte d’humanité
Pour se gorger des plaisirs
De la charité.
Un tonneau d’égoïsme
Avec un mélange de douleur
Pour se fortifier.
Deux immenses verres
De nature et de cieux
Pour s’envoûter.
Et une larme
Une toute petite larme
De réalité
Pour dégueuler…
Le cadavre
Il s’était étendu
Sur le foin dans une étable
Le beau Pierrot
Complètement nu, à moitié- ivre,
Il avait près de lui une demi-douzaine
De bonne bières et deux verres de vodka.
Il avait pendu, sur le mur,
Un portrait de nu
Ouvert une fenêtre
Pour sentir dans ses poils
Courir les courants d’air.
Et, dans sa bière, la dernière ,
Dansaient trois onces d’aspic.
Il est mort le beau Pierrot
Un verre de bière à la main
Une femme nue dans l’oeil
Et la queue dans l’autre main.
Il est mort comme convenu
Profitant des seuls plaisirs de la vie
N’ayant pas connu ceux de l’esprit.
Et sur un bout de papier
Laissé près de son cadavre
Le furibond avait écrit
Juste avant de mourir :
Je quitte le monde
Comme je l’ai connu
Je trouve la mort
En riant très fort
Du sublime rigaudon
Qu’est la vie…
Extrait de Hymne à l’amour, le vice et la révolte.
LA FOLIE
La folie est un acte physique
l’acte suprême du cerveau
un sentier dans la brume chaude
un pas vers un effroyable néant.
La folie , nuage de frustrations
pénètre dans le crâne qu’elle disloque
s’insère entre les os…
La folie , nuages de frustrations
pluie électrique de haute tension
lance- flammes dans la colonne vertébrale
toile d’araignée sous la mer
mariage fluide des yeux et de l’enfer
sifflement tendu d’un même son.
La folie est chatouille électrique
provoque sans raison , sans douleur ,
la hantise d’être possédé.
La folie
une simple envie , mais ferme
de dégueuler contre la vie
de l’écraser contre un mur
de la voler
de la violer…
J’envie la folie
son cheminement vers un océan d’émotions
le sang dans nos veines qui tourne
en colère sans borne contre des moulins à vent
à défoncer
La folie nous nourrit
de peurs et de violence
elle émerge en chacun
quand on s’y attend le moins
Et LÀ , VOUS ÊTES CUITS !
DOUCE SCHIZOPHRÉNIE …
Un pénis qui se lève
En frôlant une pensée
Corps étranger qui vous pénètre
Avide de s’enfoncer dans votre cul
Que vous offrez aux anges
Convoitant se faire sucer et s’éteindre
Pendant
Souriant
Jouissant
La folie , effroyable sensation de l’herbe
Qui s’agite dans nos têtes – prairies
Sous une immense rangée de billots
Quand un ver de terre
Se faufile dans la moiteur des pensées
Provocant des avalanches de chair.
J’aime la folie quand elle se révolte
Votre main
une dague qui frappe
Le premier passant
De votre mémoire.
Le sang coule
Roule sur le plancher de vos rêves
Vous êtes effrayés
Vous courez
Sans tête
Ni direction
Une tempête
De sang coagulé se lève
Le sang vous fascine
Vous irrigue la gorge
À travers les mots disparus
CHAUD
Vous êtes enfin vengé
Fini le temps d’être ridicule
De vous sentir bouffon
D’éclater sous l’envie folle de rire
Vous êtes fou …!
Enfin !
La folie c’est rire à gorge déployée
La vengeance
D’avoir été le premier clostrophobe
De la liberté .
Dans un engin céleste
Vous avez cherché à vous désennuyer
Et, sans le savoir , vous avez tué le temps…
JORDAN
Petit Cri
Adorable enfant
Mi -Chine , mi-Amérique
Je t’offre mes larmes
Pour te baigner nu
Dans mes yeux éblouis.
Parké dans ta réserve
Tu étouffes sous la morale
Toute sénile toute blanche
Monde qui nie l’essence même
Le but ultime de la vie :
JOUIR.
Petit Cri
Pour ta beauté
Je te rends ta liberté.
PRIÈRE DU PÉDÉRASTE
Rien n’est plus beau
Qu’un petit gars nu , bandé ,
Sinon le sourire de Dieu
Qui l’observe ainsi magnifique.
Rien ne vaut la jouissance
Dans ses yeux allumée
Par ma langue sur son corps
Par mes lèvres sur son gland
Par mes doigts sur sa peau
Sinon Dieu qui se réjouit
De m’entendre le remercier
De m’avoir offert l’extase
D’avoir créé tant de vie et de beauté …
J’aimerais mourir d’aimer
Ce Dieu qui se mire en toi
Que j’adore dans notre jouissance
À travers l’illumination de nos sens éclatés
La passerelle de notre matière
Avec l’amour de vivre sans délai
De toi , de toi , beauté infinie …
Dieu est beau
Dieu est extase
Dieu est sourire
Dieu est amour
Tu es le chemin qui m’y conduit …
Pourquoi son accès par ton corps
Sa lumière à travers ton regard
Sa vie au rythme de notre jouissance
Nous seraient-ils interdits ?
Si Dieu est amour
T’aimer comme je t’aime
Est la plus belle des prières …
Et , le mal : argent égoïste
Père de la violence …
Sans limite
Je veux mourir pour toi
Mourir d’amour et de volupté
Mourir condamné de t’avoir caressé
D’avoir déchiré le voile de la haine
Pour entrevoir le ciel toujours bleu
Toujours chaud des caresses du soleil
Hypnose permanente de beauté
De soif de ton corps .
Ange , je serai enfin en toi
La mort est une porte d’entrée
Un accès interdit aux hypocrites
Une bouche chaude qui t’aspire
Dans l’infini qui se révèle
Indifférent à la haine des hommes
Drogués de pouvoir et d’argent.
Je mourrai
Fier de t’avoir fait connaître
La jouissance et la liberté.
L’AMOUR STONE
Quand oscille le chronomètre de ta pupille
Aux volcans internes de mon coeur
Mon corps albâtre à son rocher
Tutube aux vagues souffles de ta gorge
Mes mains palmées de pervenches s’épongent
À la forêt fléchie au vent des marais
Au crescendo de nos éjaculations.
Atmosphère osmomètre
Du vertige de la vie…
Solitude
Dans ma solitude je chercherai pour toi
La route qui conduira au-delà des soupirs
Dans tes larmes je construirai une ville
Spéciale aux enfants où les adultes n’entreront pas
J’ai horreur des longues journées à l’école
Quand la neige nous invite à se réchauffer
Le coeur dans un traîneau j’ai peine à le dire
S’il est plus agréable de jouer au hockey
Ou nager ensemble vers un ballon de paille
Mais je sais déjà que le monde est ignoble
Au point de tuer le jeu de mes doigts fous
Sur ton corps : symphonie de rires et de baisers.
Vie du pédéraste
L’enfer de l’incertitude
d’une vie démolie
d’un suicide anticipé
d’une carrière écrasée
lot de vie de tout pédéraste.
Amant de vérité
censuré !
généreux jusqu’à la mort
abusé !
assoiffé d’amour
pourchassé !
pourfendeur d’hypocrisie
écrasé !
Condamné avant de naître
au mépris suprême
injustifié .
La pédérastie
aliment recherché
pour vengeance à tout prix …
Festin pour âmes mesquines !
BEL INCONNU
Ton sourire m’a envoûté
Malgré les distances , les paysages
Je trouve en toi les couleurs de la vie
L’hiver nous enivre
Sans soleil de Floride
La neige nous enveloppe
Nous grise de se revoir
De boire à ta jeunesse
De gamin exalté
De ta puissance naissante
je renais à l’enfance
je partage ta grisaille.
DROWNING ou ASSIMILATION
I was looking at the sea
The brain in my heart was crackling
Over the waves , ô water and salt
Like my childhood. Sky beauty
Over my skin . Humanity is born
With you … little man …
In such a pretty instant
I will never forget …
When I die in your eyes
Peacefull and blue
Ready for love.
- Ce poème de Jean Simoneau a été envoyé à Ray Johnson ,
fondateur du New York Correspondant School of Art , avec
l’illustration du peintre La Toan Vinh , de Montréal , en 1993.
TUAN
À l’aube de ton oeil
Juste sous la paupière
Je dansais au vertige
D’un temps tué de désir .
Tu étais là
Toi que ma voix a rejoint
À l’autre bout du monde
À travers les obus, triste à mourir
Un cri de désespoir et de révolte
Un cri de pas éclatés
Qui t’a fait marcher jusqu’à moi
Le creux de tes mains portaient
Nos vie, nos espoirs, nos hantises
Ces mains si petites, si frêles
Sous le poids de vivre
Tu nageais sur la mort
Oublié sur une plage entre les cadavres
Et l’écho de ton nom , crié sans te connaître
T’as fait naître ici dans le plaisir
Et nous avons bien ri d’avoir déjoué
Enfin, malgré nous, un destin
Qui se prenait pour un autre.
Que ferons-nous maintenant
De tes douze ans réunis dans la vie ?
À pas feutrés sans l’ombre d’un doute
Nous plongerons nos doigts dans la vie
Nous jouerons sur la plage au soleil
Nous rirons à la folie et boirons l’ivresse
De nos corps retrouvés dans un autre temps
Dans un autre pays, sous une autre main,
une caresse tendre …
Sans frontière à nos rires
Sans murs entre nous
Nous installerons dans la vie
La semence d’un âge d’or.
LE PRINTEMPS
À toi , qui a tant peur des bourrasques et des chemins fermés , j’annonce un dégel : la rivière nous attend entre des forêts -champignons. Nous serons seuls à s’aimer , en toute beauté, sans briser nos rêveries . Je vois des géants de laine en grimaces devant des pipes – usines , des lapins schizophrènes qui gazellent dans les ronces en tourniquet d’abeilles.
J’entends des lutins rire des sauterelles -ruches -de- miel , des ours en peluche chantonner des grivoiseries , des brebis chasser le loup avec des baisers.
Je voudrais t’étreindre dans mes bras , en te chantant une berceuse , pour t’assurer que le temps des tornades a franchi nos barrages . Des pivoines informes éclatent dans des herbes violettes. Et , couchée près des arbres , la joie aromatise nos visions. Nous fermons les yeux afin d’ouir l’étendue de nos instants se dire des clins -d’oeil.
À mon testament
J’accroche à coups de bec
La liberté aux portes des églises
Je cimente à leur portique
Une pouffée de rires et de boutades
Avec mes dents usées
Je sculpte en toi mon devenir
Je sème dans tes yeux
des forêts d’encens stones
des chantiers de lilas.
Je bois à ta bouche
Des coupes de vie
Des vertiges de neige
Sur ton ventre
valsent les fleurs avec le vent
virevolte le temps d’un pas à l’infini
dans un tango de joie universelle
Dans des mers célestes
je nage nu
je fugue au -delà de la mort
je plante une jacinthe
en plein coeur de mon parc
un si beau ventre
Les caresses – étangs de mes mains
nagent sur les garçons bleus d’amour
Les nuages se métamorphosent château de glace
Nos rires s’étirent jusque dans l’éternité
À grandes glissades d’euphorie
partagée illimitée de ballades musicales
Dans mon testament j’inscris :
Le temps est proche
où nous serons enfin des hommes libres
des AMOURAJEUX.
Conclusion :
Rien n’est plus beau qu’un petit gars, surtout quand il se nomme « Québec » dans mon imaginaire. Bien évidemment , autant je considère la pédérastie comme le summum de l’amour, pour la plupart des gens, c’est au contraire, le crime des crimes.
On peut tuer, on peut voler des vieillards, on peut mener des guerres, rien n’est aussi condamné que la pédérastie. Il en est ainsi parce qu’elle est encore tabou et la peur qu’on entretient à son sujet permet de contrôler les individus et de négocier avec la pègre les limites permises.
Pourtant , elle existe depuis le début de l’humanité , avec toute la beauté que porte le mot «fascination» ; mais , les religions ont inventé une philosophie qui aboutit au rejet du corps et de la mort. Ces vérités religieuses sont à l’origine de la misogynie et l’inégalité entre les êtres humains. Ce lavage de cerveau même s’il repose sur la mésestime totale de son état d’être humain persiste à travers les siècles sans que l’on ait l’intelligence d’en questionner le bien-fondé. Ce mensonge , même s’il entraîne toutes les formes de racisme et d’intégrisme , est soutenu par les lois civiles. Même si l’expression de cet amour est sans violence , nos sociétés la condamnent encore avec sévérité, au nom d’un dieu qui est parfaitement immatériel. Cette chasse aux sorcières meuble les statistiques et justifie que l’on dépense des millions au nom de la sécurité.
Il serait préférable pour l’humanité de combattre la violence, sous toutes ses formes et laisser l’amour s’exprimer.
Depuis Freud, Reich et Fourrier , on devrait avoir compris que sans violence, ni domination , la pédérastie peut être absolument positive pour le jeune et le vieux. Cet amour , s’il est responsable, est le pont des générations. S’il arrive à créer une forme de bonheur, c’est l’avenir. La pédérastie est un passage à une autre dimension de perception et d’amour.
