Mémoire sur la liberté sexuelle
présenté par Jean Simoneau
à la Commission sur la vie privée.
Surprotection : Une réalité de la vie :
« UN ENFANT SURPROTÉGÉ N’APPREND PAS À SURMONTER LES INÉVITABLES BLESSURES DE LA VIE. » , Boris Cyrulnik , neuropsychiatre , dans «Le bonheur, ça s’apprend ».
La liberté sexuelle est le droit le plus sacré de la vie privée. Cependant, le gouvernement fédéral foule aux pieds la majorité des droits individuels consacrés par la Charte des droits de la personne quand il s’agit de délits sexuels non violents. Pourquoi ? Parce que c’est payant, pour eux, la majorité des intervenants ferment les yeux et laissent les choses aller. Pire, la majorité de ceux-ci agiraient encore plus follement quand il s’agit de punir ces crimes. Devenus une véritable psychose collective, les délits sexuels non-violents, qui coûtent une fortune, sont aussi judiciarisés que les pires crimes violents. Dans le cas de la pédophilie, il s’agit de maladie. Dans celui de la liberté sexuelle des jeunes de 10 ans et plus, le droit des jeunes est bafoué pour maintenir une répression sexuelle qui n’a de racine que dans l’irrationnel. Cette répression est l’élément fondamental de l’expression du « colonialisme psychologique et culturel », utilisé par les religions et la bourgeoisie pour dominer les sociétés … Le joyau de l’empire britannique à l’époque victorienne, reposait sur cette idéologie qui décima la majorité des peuples autochtones.
Pour respecter la Charte des droits de la personne qui doit devenir le fondement de la Constitution du Québec et offrir la meilleure protection aux jeunes, les lois fédérales sur les délits sexuels non-violents devraient toutes être abolies. Par contre, si l’on doit dédramatiser tous ses délits pour le bien de l’enfant, il faut améliorer l’éducation sexuelle pour éliminer la culpabilité et la honte face à la sexualité et apprendre aux jeunes qu’ils ont le droit fondamental de dire oui ou non à toutes les formes de liaison avec les autres…
POUR EN FINIR AVEC L’HYPOCRISIE
La sexualité relève de la vie privée …
On reconnaît le sens démocratique d’un pays à la façon qu’il traite ses minorités …
La répression sexuelle est un moyen de contrôler psychologiquement le peuple par la culpabilisation et la honte. La culture anglo protestante répressive s’est imposée au Québec, depuis la défaite des Patriotes, à travers deux cents ans de condamnation de la sexualité, en dehors du but de créer des enfants, niant ainsi toute la dimension affective et encore plus celle du plaisir.
La vie privée :
Deux définitions sont apportées par le Larousse grand format de 1995:
1- Privé (e) :
1 – Qui est strictement personnel, intime.
2- Qui n’est pas ouvert à tout le public.
3- Qui appartient en propre à un ou plusieurs individus
4- Qui ne dépend pas directement de l’État.
2- Privé (e) :
Vie intime, familière, dans l’intimité hors de la présence de témoins inconnus.
La Charte des droits de la personne garantit les droits suivants :
intégrité physique et psychologique
égalité pour tous les individus
liberté d’expression
liberté d’orientation sexuelle
liberté à la vie privée
droit à la réhabilitation
aucune ségrégation d’âge.
Pourtant, le gouvernement fédéral , maître du code criminel, viole actuellement (ainsi que les provinces) la loi fondamentale du pays, La Charte des droits de la personne, confond protection des enfants et imposition d’une morale sexuelle sans nuance. Ainsi, les personnes reconnues coupables de délits sexuels sans violence sont à toutes fins pratiques condamnées à mort, sans être exécutées. Non seulement elles perdent leur réputation, mais aussi le droit de vivre normalement pour le reste de leur vie.
Tout en reconnaissant qu’il faut protéger l’intégrité physique et psychologique des jeunes, aucun pays , digne de ce nom , qui se prétend démocrate et civilisé, ne peut mettre de côté la Charte des droits de la personne , en étudiant les solutions, même sous prétexte de protéger « la vertu » de ses enfants.
Le gouvernement fédéral en créant des délits d’attouchement, d’harcèlement et d’agression, sans les définir, les limiter avec précision, foule aux pieds plusieurs droits fondamentaux des individus visés par les délits sexuels non-violents à savoir les droits suivants : à la vie privée (leur sexualité entre autres) l’égalité (spécialement devant la loi) l’expression, il est interdit de parler de ce phénomène de façon positive, donc, de faire valoir un autre point de vue que celui de sa condamnation , le libre choix de l’orientation sexuelle ( homosexuelle ou hétérosexuelle) et la discrimination à cause de l’âge (niant la réalité de la vie sexuelle chez les jeunes).
Il ouvre la porte à toutes les formes de chantage, car l’accusé n’est plus innocent, comme dans toutes les autres causes (droit français au lieu de droit britannique), mais doit prouver qu’il n’est pas coupable. L’Église en acceptant de payer au lieu de revoir sa conception du «péché de la chair» a rendu la dénonciation, la délation quelque chose de très payant, et par conséquent, de très tentant, sans égard à la destruction du tissu social et des réputations qu’elle engendre.
Pire encore, en incitant à la délation institutionnelle et judiciarisée, on apprend aux jeunes à se méfier de tous. Qu’un enfant en parle à ses parents ou une personne de confiance pour se protéger et faire en sorte que le problème soit résolu, s’il en est un, ne peut pas être considéré comme de la délation, mais une preuve de confiance. En affirmant que ces crimes sont surtout commis par des proches, la répression judiciaire s’attaque directement aux structures familiales, au tissu social, car on apprend aux jeunes à n’avoir confiance en personne et à avoir peur de tous les gestes affectueux.
De plus, quand on solutionne le problème de façon judiciaire, on n’hésite pas à briser des vies « pour tenir enfin un coupable». Ainsi, très souvent la solution apportée cause plus de dommages affectifs même chez l’enfant qu’elle ne règle le problème. On crée des psychodrames avec tout ce qui entoure la sexualité et l’on accentue le syndrome du 911 : tout doit être réglé, le problèmes de famille y compris, par les juges et la police.
En laissant entendre que la situation est la pointe de l’iceberg, on dit aussi que cela est déjà ancré dans les moeurs de la population et que pour plusieurs un attouchement sexuel n’est pas la fin du monde comme on veut bien essayer de nous le faire croire. Personne n’est encore mort ou rendu stérile en s’étant fait toucher le pénis … aucun sein ne s’est asséché non plus … le seul problème est donc que ce geste a réveillé en nous toute la répression exercée contre la sexualité dans son milieu … d’où la honte et la culpabilisation.
Et, si tel est le cas, ne devrait-on pas commencer à se poser des questions sur le bien-fondé de la répression sexuelle. Avant de poursuivre dans la voie de la judiciarisation , il est urgent et impératif de se demander quelle sorte de société on créera en rendant coupable tous les gestes qui démontrent de l’affection car ces gestes peuvent être jugés sexuels – un juge a donné cinq ans à un prof parce qu’il jugeait que la façon qu’il avait eu de lui mettre la main sur la cuisse d’une fillette était sexuelle – C’est de la folie pure, si on ne tient pas compte de la nuance fondamentale qu’apportait Freud entre la sexualité et la génitalité… Quelle sorte de monde cette paranoïa collective engendra-t-elle ? Quelle place tiendra la violence sociale faute d’amour ? Pourquoi la tendresse serait-elle un crime pire que la violence ? D’autant plus que l’on sait que la répression engendre l’obsession.
Sous un autre aspect, dans le cas de délits sexuels sans -violence et sans contrainte, la presse s’est arrogé le droit et le devoir de corriger la situation, se substituant à la Cour et entraînant la perte irréversible du droit à la réputation et à la réhabilitation. La presse confond le droit à l’information avec le droit à la curiosité maladive de savoir tout ce qui se passe dans le pantalon du voisin ; comme si, faute de pouvoir vivre sa propre sexualité, il faut se nourrir de celle des autres, même si cette curiosité brime le droit des individus concernés.
Le droit à l’information est absolu quand il s’agit d’informations qui permettent aux citoyens d’être éclairés sur un sujet pour lequel ils auront à prendre une décision, sur quelque chose qui les touche dans leur propre vie. Les informations concernant les procès pour lesquels les verdicts n’ont pas été rendus n’apportent rien aux citoyens pour les aider à faire des choix judicieux dans leur vie. Par contre, ces informations détruisent irréversiblement la réputation des personnes mises en accusation, mais qui n’ont pas encore été trouvées coupables. Sans compter qu’avec l’argent du public des mouvements se spécialisent à traquer ceux qu’elles ont décidé qu’ils étaient des abuseurs. Leur hantise des abuseurs engendre une véritable hystérie collective dans laquelle la répression n’a plus aucune forme de rationnel.
Aucune loi ne fut aussi infâme que celles du fédéral visant les délits sexuels non-violents et sans contrainte; même les mesures de guerre, quoique pour combattre la violence et occuper militairement le Québec furent dénoncées et abandonnées par le fédéral parce qu’elles violaient la Charte des droits. Depuis le début de l’humanité quand on condamne quelqu’un à mort, on a le courage de le fusiller et d’agir très vite.
Cette situation est d’autant plus grave au Québec que l’on espère établir la Charte des droits de la personne comme les éléments de base de la Constitution d’un Québec souverain. Et, pour aucune considération, un Québec souverain ne doit souffrir d’exclus sur son territoire. Un Québec de droite ne serait pas mieux qu’un Canada fasciste.
Les lois fédérales en matière de délits sexuels ont été adoptées, pour plaire au lobby des « féministes, politically correct », avant la fermeture de la Commission fédérale de la réforme du droit. Si elles répondent à certains besoins et à certaines situations, il n’en reste pas moins qu’en écartant l’aspect gravité, contrainte et responsabilité dans les causes sexuelles,, impliquant des jeunes de 10 ans et plus, elles donnent à ces délits une dimension tellement grave que la répression crée plus de problèmes sociaux qu’elles n’en solutionnent : les familles brisées , ruine , suicides des accusés ou des jeunes, jeunes séparés de leur milieu et condamner à la vie en famille d’accueil, honte que la situation soit connue ,etc.
Tout le monde sait que les séquelles psychologiques chez les jeunes de 10 ans et plus, ayant connus une relation avec un adulte, sont surtout dues à l’atmosphère contextuelle dans laquelle on réprime la situation. En d’autres termes, le drame que l’on crée autour de l’aveu, l’emphase que l’on met sur la culpabilité d’avoir eu une relation sexuelle, la peur de ce que les autres vont en penser ou en dire, créent les séquelles . On oublie que si le jeune a le droit fondamental, selon la Charte des droits de la personne, de dire non, il a aussi le droit de dire oui, sans qu’on lui manque pour autant de respect.
Pire, les juges peuvent juger une situation d’après leurs propres valeurs, qui peuvent être très étroites et répressives, rendant ainsi tous leurs procès «holistiques », c’est-à-dire qu’à cause de l’opinion publique, des valeurs du juge, l’accusé n’a aucune chance d’être libéré, même s’il est non coupable, car l’incriminer devient une véritable hantise.
Cette situation semble être acceptée de tous parce qu’un grand nombre de personnes se font beaucoup d’argent en ne la remettant pas en question…
Pour les avocats, c’est la vache à lait : si tu as de l’argent, tu peux t’en tirer , sinon c’est la prison … et , plus le procès est long, plus c’est payant … plus la personne occupe une bonne position sociale, plus elle est prête à payer pour recouvrer sa liberté …
Pour les policiers, il est plus facile et moins dangereux de courir les pédophiles non-violents et non – organisés que de s’attaquer au crime organisé et à la vente de la drogue chez les jeunes. Comme je l’écrivais aux ministres de la Justice du Québec et du Canada : « Il est dommage que la défense des pénis et des seins soit plus importante que la défense des cerveaux …» De plus, le taux de performance dans ces cas permet de hausser les statistiques. La police peut ainsi redorer le blason du taux de solution de crimes commis. Ce qui justifie postes, salaires et surtout de nouvelles subventions …
Pour les psychologues, la répression sexuelle engendrant psychoses, névroses, hystérie collective, etc., le maintien du tabou est plus payant que de chercher des solutions qui soient le moindrement humaines. Il est plus payant de ramasser les sous de la répression que d’expliquer les phases et l’évolution de la sexualité, du comment s’accepter et se contrôler quand on est différent. C’est plus facile de cacher les séquelles de la culpabilisation et de la honte chez les victimes qui sont plus traumatisées par l’ignorance et la réaction du milieu que par les attouchements.
Pour les politiciens, le vote des femmes est si important que l’on croit qu’il serait suicidaire en terme de votes de désavouer l’abus de la répression. Il est moins exigeant de croire que toutes les relations sexuelles adultes enfants sont nécessairement mauvaises que de faire face à l’opinion publique et faire valoir un peu de rationnel dans le traitement du problème … Il en fut ainsi dans le cas de l’homosexualité où, il y a 20 ans à peine, on prétendait qu’un homosexuel était un perverti et un malade mental.
Quant à l’homosexuel, le respect de son orientation sexuelle est si fragile qu’il a peur de perdre tous les acquis si durement gagnés, qu’il préfère lui aussi condamner à son tour … Pourtant, l’homophobie demeure la raison principale du drame que vive les adolescents gais. On craint les délits sexuels chez les garçons parce qu’on a peur que le jeune change d’orientation sexuelle, qu’il devienne homosexuel , même s’il a été scientifiquement prouvé que l’orientation sexuelle est innée chez chaque individu et qu’elle ne se modifiera pas dans la vie, même si cet individu le voulait. C’est sa nature profonde, sa génétique… de la naissance à la mort.
On dirait aussi que tout ce qui touche actuellement la perception de la sexualité passe absolument par la lentille de l’expérience des «femmes battues» … leurs peurs sont devenues « la peur » de tous et leurs solutions, les solutions de tout le monde. C’est comme si tout tournait autour de cette réalité dès qu’il est question de sexualité : personne ne peut jouir sans souffrir, une caresse est un outrage qui fait aussi mal qu’un coup de poing … favorisant ainsi la peur et la condamnation de tout ce qui est près ou loin de la sexualité, même la nudité devient de la pornographie …
On oublie ainsi que l’histoire de la répression sexuelle est loin d’être une histoire de « sainteté », même si la majorité des gens refusent pour se sécuriser de remettre en question le bien-fondé même de la répression sexuelle, comme si la sexualité ne faisait pas partie de l’intégrité physique et psychologique de l’individu, un autre droit fondamental défendu par la Charte des droits. Droit que l’on refuse aux jeunes par ignorance des réalités de la vie sexuelle.
Ce phénomène est observé surtout en ce qui a trait au harcèlement. Il est maintenant presque dangereux de dire à une autre personne qu’elle nous plaît, que sa beauté nous ravit, d’où le regard insistant, même les histoires «salées» qui nous ont toujours fait rire sont devenues suspectes … il faut toujours se méfier car les causes de harcèlement sexuel sont à la mode, mode abusive que bien des femmes intelligentes commencent heureusement à dénoncer.
Aussi, comment une agression sexuelle peut-elle exister s’il n’y a pas de violence ? Le mot agression n’implique-t-il pas en soi le sens de violence ? Comment peut-on parler de violence ou de pouvoir dans une relation vraiment «amoureuse» ?
Il semble que l’affaire Dutroux , en Belgique, ait créé non seulement une psychose, mais une hystérie envers tout ce qui touche les rapports entre les jeunes et les adultes. Pourtant, le cas Dutroux est une exception, un geste qui révolte toutes personnes censées. Dutroux ne serait pas pédophile, mais travaillerait pour une organisation internationale de trafic humain. On peut affirmer sans trop de risque de se tromper que la majorité des pédophiles craignent de devenir un jour aussi sales que lui et ils sont sans doute aussi répugnés par les révélations de cette affaire que les personnes « dites normales ».
Par contre, en n’apportant pas de nuances, le système judiciaire abuse de son pouvoir et bafoue la loi fondamentale de notre pays.
Ainsi, dans notre système, il n’y a aucune différence entre un attouchement, une caresse et un meurtre. Celui qui donne une caresse «jugée sexuelle» à un jeune peut-être encore plus sévèrement puni que s’il l’avait tué. Pourtant, tout le monde sait que le toucher est le sens qui joue le plus grand rôle pour pouvoir manifester son affection, le sens de la découverte. Tout le monde sait que le besoin le plus fondamental chez tous les individus est d’aimer et d’être aimé. Ce n’est pas pour rien que le taux de suicide est aussi élevé chez les jeunes (un jeune sur trois se suicide à cause de problèmes dus à son orientation sexuelle ou à la peur de passer pour une tapette) … On nie le droit de rechercher sa réalité sexuelle pour imposer une morale judéo-chrétienne, comme si de condamner la sexualité, la percevoir comme quelque chose de sale, de dangereux, de honteux et de répugnant était la seule façon «normale» de voir les choses. C’est d’ailleurs la seule morale qui est propagée à l’école. Le jeune qui découvre ses goûts pour la masturbation, pire pour son petit copain, à cause de l’omerta sur la sexualité, croira qu’il n’est qu’un salaud, un cochon ou un monstre. Un être anormal.
En décrétant les délits sexuels non-violents et sans contrainte comme un crime contre l’humanité, on évacue complètement une réalité : les gestes posés ainsi le sont souvent dans un contexte où la personne qui les pose est en amour avec celle avec qui elle agit ainsi. «Aimez-vous les uns et les autres, mais ne vous touchez pas » comme si l’amour en dehors des normes usuelles est un crime contre l’humanité et qu’il ne faudrait pas être profondément malades (ou attaché aux intérêts économiques que l’on défend) pour décréter une telle aberration… Par contre, il est vrai de dire que tous les réseaux de proxénètes sont un crime contre l’humanité, car des humains en sont des esclaves.
On oublie les grandes leçons tirées des ateliers tenus à Montréal, dans les années 1980 sur les homosexualités et dans lesquels il y avait été établi :
1- Il y a tout un monde de différence entre la pédophilie (relations sexuelles entre des jeunes de moins de 10 ans et des adultes), la pédérastie (relations sexuelles entre des garçons de 10 et plus et des adultes) et l’homosexualité ( entre deux adultes de même sexe).
2- Que le pédéraste n’est pas violent et qu’il est follement amoureux de la beauté et de la jeunesse. Il lie une relation amoureuse avec le jeune, relation marquée par le respect mutuel, parce que le jeune y découvre un partenaire égal à lui, qui sait l’apprécier à sa juste valeur, qui veut que cela dure dans le temps ; ce qui très souvent n’est pas négatif pour le jeune, bien au contraire, il y trouve l’amour et l’admiration, l’estime de soi dont il a besoin pour faire face à la vie … Enfin, il est quelqu’un pour quelqu’un …
3- Qu’à cet âge (10 ans et plus), les jeunes peuvent éprouver une curiosité ou une attirance sexuelle et qu’ils ont déjà tous les moyens pour accepter ou refuser.
4- Que le psycho- drame qui entoure la découverte de cet amour encore «inusité» engendre une répression qui est la première et la plus importante cause des séquelles que subira le jeune : on le force à porter plainte contre la personne qu’elle aime, on lui démontre qu’en y ayant participé c’est en soi un crime terrible, un geste honteux : l’appel de la police, l’intervention de la DPEJ le confirme bien.
La répression qui entoure ces révélations tient du besoin fondamental de s’assurer que la victime ne deviendra pas une personne qui percevra la sexualité, particulièrement l’expérience homosexuelle, comme quelque chose d’agréable, car le sexe ne doit être bon que pour les adultes. Les travailleurs (euses) social (es) n’insistent-ils pas sur le « je sais que c’est difficile d’en parler, mais il le faut », créant automatiquement une atmosphère de honte, de scandale et de « victime ». Devant une telle attitude, les jeunes n’ont que la possibilité d’affirmer qu’ils ont été forcés, pour ne pas passer pour des pareils, même s’ils retournent voir leur présumé agresseur (si on aime pas ça, on ne retourne pas voir notre prétendu agresseur)
Toute l’éducation reçut à l’école et à la maison porte également sur l’aspect négatif de la sexualité. C’est un sujet dont il faut avoir honte, même d’en parler. Il est rare que la sexualité est présentée dans sa réalité d’énergie positive … Qu’est-ce qui est plus grand que l’amour et l’amitié ? Les Évangiles, à ce titre, sont un livre extrêmement subversif … Jésus de parle-t-il pas lui-même de son disciple bien-aimé ?
5- Chez les jeunes prostitués, on découvrait leur souffrance de ne pas être aimé, de ne pas avoir une relation suivie.
6- On a découvert à travers la répression toute la négation d’une réalité à savoir que les jeunes ont aussi une sexualité et qu’ils ont droit de la vivre comme ils l’entendent. La libido est la force la plus importante, la plus créatrice, la plus positive chez tous les êtres humains. Le développement de la sexualité passa par différentes phases.
Les parents quant à eux croient avoir le droit et le devoir de choisir à la place des jeunes. Ils doivent transmettre la répression pour faire face à l’opinion des autres au lieu d’accompagner leurs enfants dans leur découverte d’eux-mêmes. Il est plus sécurisant d’embrasser la philosophie de la majorité, soit celle de la répression sexuelle, que d’apprendre à bien éduquer les jeunes sur le sujet, leur apprendre le droit de dire oui ou non et de leur faire confiance. Les jeunes sont moins idiots qu’on le pense.
Depuis la révolution sexuelle des années 1970, puisque l’Église a perdu des plumes, l’état s’est arrogé la mission de prendre sa place. L’état, en s’appuyant sur les policiers et les mouvements en croisade contre les abus sexuels, devient dans cette optique celui qui remplace les curés en matière de morale répressive sexuelle alors que la sexualité n’est pas sale, vicieuse, dommageable, mais une force créatrice ; Ceux qui préconisent la liberté sexuelle devraient avoir le même droit d’exister et de parole que ceux qui endossent aveuglément la répression
La répression sexuelle.
L’histoire de la répression sexuelle (L’histoire de la répression sexuelle, Jos Van Hussel, éditions du Jour, Robert Laffont) nous apprend que celle-ci porte sur deux plans : a) la déification de la sexualité (la fertilité) b) sa négation à travers les religions (tout ce qui n’aboutit pas à une naissance est une déviation du but exclusif de la sexualité. et par conséquent, devient tentation, péché, enfer. Le plaisir étant le mal, il faut souffrir pour aller au ciel et faire plaisir à Dieu, un être pourtant strictement spirituel … La répression sexuelle nous vient des religions et de la bourgeoisie : le peuple est sale et ignorant, d’où faut-il s’en séparer. Le lit a été créé à cette fin, pour combattre la promiscuité, etc.
Le meilleur moyen de contrôler le peuple, d’éviter les contacts entre les différentes couches sociales, est de détenir le pouvoir sur sa vie affective, de la réprimer. Si quelqu’un, à cause de sa nature, désobéit, il faut le rendre conscient de son état de pécheur, de sa honte. N’est-ce pas le rôle que l’Église a facilement accepté de jouer après la défaite des Patriotes, instituant un «colonialisme psychologique et affectif » qui marquera notre histoire pendant deux siècles (la philosophie de la conservation) ,soit jusqu’à la révolution tranquille ? Tout comme la religion, les classes sociales (le rang) servent à dominer le peuple : il ne faut pas fréquenter ceux d’un autre rang, d’une autre religion, l’étranger, c’est le mal … Montréal, c’est la ville du vice !
Auparavant, les religions servaient de police et de médecin. Les codes moraux n’existaient pas pour condamner, mais expliquaient comment agir pour assagir l’homme qui est plus facilement semblable à la bête qu’à son dieu. Il a fallu faire peur pour exercer le pouvoir.
En créant la répression sexuelle, il est facile de contrôler les gens en les culpabilisant. Qui n’a pas commis ce péché de la chair qui s’étend jusqu’aux mauvais désirs ? La répression sexuelle n’a pas toujours été sage. On pourrait même dire qu’elle est devenue dans bien des cas une forme d’exagération qui tenait plus de la folie que de l’intelligence. Par exemple, en Angleterre, sous le règne de la reine Victoria , la pudeur avait atteint un tel degré de folie que l’on pratiquait des petits trous dans le prépuce des garçonnets afin de les attacher durant la nuit, les empêchant ainsi d’avoir des érections au réveil… c’était trop douloureux. Tous les gars connaissent les fameux » bandages de pisse » du matin, un phénomène plus que naturel. Une torture pour sauver une morale débile.
À cette même époque, on avait créé une véritable industrie pharmaceutique dans le but d’éliminer ce geste sale que constituait une érection. On «potelait» les dames, selon les caprices des messieurs, créant ainsi les modes. Et que dire de la honte des menstruations : une maladie de femmes ? Qui sont les plus déviants : ces obsédés du scrupule ou ceux qui y échappaient ?
La pudeur vestimentaire quant à elle rappelle qu’elle ne fut pas de tous les temps homogène. Ce n’est que sur Victoria qu’il fallut se cacher des chevilles jusqu’au cou (parfois même inclusivement), la vision de la chair étant devenue une tentation, un appel du diable …
Qui décréta que de toucher au sein ou à un pénis est un péché ? C’était habituellement ceux qui en étaient le plus obsédés, ceux qui en étaient privés et qui décidèrent qu’il fallait en priver les autres pour ne pas être tentés. Chose certaine, la tradition crée le mal : les femmes musulmanes doivent se voiler. Si on avait décrété qu’il est mal de passer la main dans les cheveux ou de se toucher le nez, à cause de la morve, après des siècles de cette croyance stupide, inculquée dès la prime enfance (avant de pouvoir réfléchir), il serait dans l’ordre des choses que l’on respecte cette règle , que l’on ne la questionne pas puisqu’elle est centenaire et encore plus parce qu’en le faisant tu risques d’y «goûter», d’être la bête à abattre … Le temps où on brûlait les homosexuels n’est pas si loin.
La répression sexuelle ne tient pas compte de la différence de perception de la sexualité qui existe non seulement entre les hommes et les femmes, mais qui diffère aussi selon le sexe et les âges de l’individu.
Les femmes ont une vision plus négative de la sexualité. Cela s’explique par plusieurs raisons, mais surtout à cause de l’ignorance entrenue à travers les siècles par les religions. Les menstruations apparaissent comme une malédiction et non comme un cycle vital. Chez le garçon, la sexualité n’a pas cette place, avant la pré puberté. Elle est quasi inexistante. On croyait même que la semence ne pouvait pas exister par elle-même et surtout qu’elle était en quantité limitée d’où combattait-on, entre autre, la masturbation. Le garçon devait assurer la survivance de la race. Mais, puisqu’il ne peut pas porter l’enfant, il est donc moins endoctriné par des conseils répressifs. Il est donc plus libre, plus fier de lui.
Pire, dans toutes les religions, la femme est un objet de luxure, une tentation, un appel au mal. On a confiné la femme dans son rôle de «porteuse», d’éducatrice des enfants et on a nié, l’homme macho en tête, son droit à son intégrité physique, à la carrière, à la différence. L’égalité des femmes, la remise en question de leur rôle est sûrement le joyau des luttes d’émancipation des mouvements féministes … les luttes pour l’égalité sont encore loin d’êtres terminées. On oublie souvent que le rôle donné aux femmes et aux hommes par les sociétés sont des conventions sociales qui reposent sur des impératifs économiques … l’histoire de la monogamie, de la polygamie et de la polyandrie en témoigne. La sexualité n’a pas la même implication pour la femme car c’est elle qui donne naissance … la place des filles mères dans nos sociétés ont donné plus souvent lieu à la honte qu’au support qu’elles étaient en droit d’exiger. La raison était toute économique. Cela a-t-il vraiment changé ?
On nie également la différence dans la formation physique et psychologique entre garçons et filles. Alors que la jeune fille prendra conscience de son orientation sexuelle vers 16 ans, le garçon, lui, l’a déjà fait depuis ses 10 ans ou plus, soit depuis ses premières éjaculations. Cependant, même cela change rapidement. Les lois actuelles ne tiennent absolument pas compte de cette réalité. On préfère parler des limites d’âge (qui changent) alors que dans la vraie vie, on devrait plutôt parler de « phases de développement», lesquelles sont individuelles. Comment peut-on assurer le droit à l’orientation sexuelle si certaines expériences sexuelles mêmes non-violentes sont un crime, qu’il n’y a qu’une seule voie qui soit la bonne : répressive et hétérosexuelle pour ne pas dire monogame ?
L’approche que j’ai connue au Manitoba me paraît une des solutions. Le «oui» ou le «non»; le «j’aime» ou «j’aime pas». Les jeunes doivent apprendre qu’ils ont le droit absolu de dire oui ou non et que personne ne peut les forcer à une relation sexuelle qu’ils ne désirent pas. La décision leur appartient dans l’absolu. Ils doivent savoir qu’elle est l’implication et les responsabilités. Et, dans ce cas, l’éducation joue un rôle primordial. Il appartient au jeune de décider s’il est bien dans la relation qu’il vit avec l’autre. Sa décision n’est pas celle d’intervenants qui décident pour lui de la morale à suivre. Il n’y a pas qu’un rapport physique, mais une relation affective parfois plus importante. Même jeune, dès que tu peux faire le choix, tu dois être libre. Prendre la décision pour eux, c’est les infantiliser et brimer leur choix ainsi que leur estime de soi. L’Église disait qu’à sept ans, on a l’âge de la raison, c’est-à-dire la capacité de savoir ce qui est bien ou mal. Par contre, la phase d’indifférence sexuelle, du moins chez le garçon, s’étend jusqu’à ce que son corps modifie la sécrétion des hormones qui marqueront sa puberté. C’est un phénomène universel, même s’il n’est pas vécu de la même façon, au même âge par tous les individus. Qui peut se dire responsable des intérêts créés par cette transformation physique ? Qui peut savoir si ces attractions seront dirigées vers le sexe opposé ?
Il est évident que cette notion exclut la pédophilie (rapport sexuel avant 10 ans), car un rapport de domination inconscient peut effectivement exister dans ce type de relation : l’enfant est encore trop jeune pour décider de ses besoins et de ses désirs. Le jeune doit être bien informé le plus vite possible par ses parents d’abord. Il doit savoir et comprendre qu’il peut mettre fin à toute relation qui lui semble préjudiciable et comment y mettre fin, s’il le désire. C’est à lui de choisir. S’il veut mettre fin à une relation qu’on lui impose, et que l’on s’y oppose, il y a une foule de gens qui doivent être prêts à entendre la dénoncer; mais s’il y est bien, il lui appartient de décider de la poursuivre, sans avoir à subir le jugement moral des autres. C’est ce que l’on appelle respecter l’autre. Respecter son intelligence. Respecter sa capacité de vivre libre, c’est-à-dire capable de faire des choix entre le bien et le mal, selon ses propres intérêts. Le jeune est capable de discerner une relation où l’on profite de lui et une autre dans laquelle il retrouve de l’amour, qui lui permet de grandir. Chaque cas est particulier.
Cette approche permet de dédramatiser les situations et respecte davantage l’intégrité des jeunes, tout en protégeant les autres des abus de la manipulation et du chantage dont ces mêmes jeunes sont bien capables … les cas de fausses dénonciations sont moins rares qu’on le prétend à cause même de la façon dont sont opérées les enquêtes. On a clairement établi qu’un jeune peut très bien finir par croire ses mensonges d’où est-il important de créer un environnement sain.
Si les pédophiles sont malades, il est anormal que ces phénomènes soient judiciarisés, s’il n’y a pas de violence. On ne soigne pas un alcoolique strictement en le jetant en prison ; mais le système doit créer des solutions qui protègent les enfants. Aucune tolérance pour les situations de violence ou de domination psychologique réelle ou potentielle. Un enfant qui ne peut pas se défendre n’est pas libre d’où l’importance que l’on cesse de présenter la sexualité comme quelque chose de honteux, quelque chose dont on ne veut pas parler. Il est évident que la liberté sexuelle ne peut exister que dans une relation sans violence, sans domination psychologique, sans chantage. Cette égalité est rendue possible par le rapport de force entre les individus, donc, consentie mutuellement.
La remise en question de la sexualité exige un courage sans borne, car elle doit faire face à tous les préjugés, à toutes nos croyances religieuses et bourgeoises. Elle insécurise presque tout le monde en questionnant, sans hypocrisie et irrationnel, le bien-fondé de nos choix et des choix de ceux qui nous précèdent; mais si l’on veut créer une société démocratique, il faudra faire l’exercice. On doit savoir qu’elles étaient les motifs pour interdire ou privilégier certains aspects de la sexualité, principalement comment la vivre.
On doit décider si le Québec souverain sera une société répressive ou une société démocratique, libre et humaine. Si on en fait une société de droit, on doit s’assurer que ce droit respecte tous les droits, mais aussi toutes les responsabilités. On n’accorde pas des droits, en les retirant à une certaine catégorie de personnes, les jeunes compris. Il faudra avoir le courage d’affirmer que la religion est un droit individuel et non collectif. Que les pratiques religieuses doivent être conformes au taux de tolérance acceptée d’où l’interdiction sur notre territoire de pratiques qui contreviennent au droit fondamental de l’intégrité psychologique et physique, telle l’excision. On ne peut pas la pratiquer ici ou envoyer un enfant la subir en dehors. L’excision est encore pire que le tourisme sexuel. Il faut créer une société basée sur la liberté, le respect des autres et la responsabilité.
La répression sexuelle pour des crimes non-violents présente un coût très élevé alors qu’on coupe dans l’éducation sexuelle dans les écoles. N’existe-t-il pas d’autres moyens pour en arriver au respect de tous les individus ? C’est une amorce de réflexion que j’ai poursuivi dans mon livre La pédérastie mise à nu. Ouvrir le débat me vaut d’être rejeté de toutes les institutions qui se prétendent démocratiques … mais c’est la vie. Rien ne changera la nature des choses, mais on peut modifier notre approche et notre compréhension.
Pour une politique de liberté sexuelle, non violente, consentie et responsable.
La constitution d’un Québec indépendant doit non seulement garantir le droit à la vie privée, l’orientation sexuelle, sans discrimination d’âge; mais définir ce droit à la liberté sexuelle.
L’application d’une politique de liberté sexuelle est fondée sur trois principes fondamentaux :
1- Tout individu a le droit absolu, dès qu’il a l’âge de raison, à son intégrité physique, psychologique et morale. Chaque individu est le maître absolu de son corps et de son esprit.
2- Les lois sur la sexualité doivent assurer la sécurité des enfants (10 ans et moins), tout en respectant leur droit à la connaissance.
3- Il est impossible de vivre une sexualité libre et responsable sans une éducation neutre, scientifique, sans hypocrisie ou sans morale bourgeoise, échappant ainsi au lavage de cerveaux des religions. Tout être humain naît dans l’égalité. Il n’y a pas d’hommes, pas de femmes, il n’y a que des HUMAINS.
L’intégrité de l’individu.
Tous les individus doivent être responsables de leur corps et de leur âme. Le bien le plus fondamental pour l’homme (en plus de l’amour, un besoin essentiel) est sans aucun doute la liberté. Tout individu a le droit de choisir entre ce qu’il considère comme le bien et le mal. La société doit tendre à créer un système démocratique le plus efficient et le plus raffiné possible; c’est- à -dire avec le maximum de possibilités à l’égalité pour chacun de ses membres et le droit de se réaliser pleinement. Une société démocratique refuse d’exploiter ses citoyens et recherche, au contraire, le développement maximum de chacun de ceux-ci, sans discrimination. Le gouvernement est une équipe qui administre les biens de la collectivité et en assure un partage juste et équitable entre chacune de ses parties.
Sur le plan sexuel, à cause des religions et des caprices de la bourgeoisie hypocrite, la répression a toujours été la façon de régler le problème. Des siècles de grande noirceur se sont succédés, surtout quand il s’agit de la sexualité des enfants … sexualité que les adultes ont toujours niée jusqu’à Freud, car la reconnaître exige de la respecter et gruge dans le pouvoir d’absolu de «propriété» que se sont donnés les adultes ou les parents sur les enfants.
Pire, aujourd’hui, au nom de la morale judéo-chrétienne, la Direction de la protection de l’Enfance et de la Jeunesse s’arroge au nom de l’État le pouvoir absolu de décider , selon leur conception, ce qui est bien ou mal pour l’enfant-roi, version Jean-Jacques Rousseau. Un tel absolutisme ne ressemble-t-il pas étrangement au pouvoir de la Gestapo? Comment peut-on justifier un tel pouvoir des fonctionnaires en dehors d’une situation de violence. ? Qui peut prétendre qu’une caresse, même génitale, meurtrit l’individu ? On invente des histoires qui n’ont même plus de sens pour entretenir la peur, la paranoïa par rapport à la sexualité. Les règles qui nous dominent actuellement sont basées sur une ignorance crasse de la réalité humaine.
L’interdit sexuel est né de tabous et de véritables folies dues à l’ignorance des hommes quant au fonctionnement de leur propre corps. Par exemple, la masturbation a longtemps été perçue comme dangereuse, même pour le cerveau. À la même époque, saint Albert le grand proclamait que le sperme était en fait la matière grise de l’homme et qu’en se masturbant, il la perdait, ce qui le rendait sourd, idiot et stérile». (Masturbation et culpabilité, Claire Bouchard, Journal de Montréal, 20 juillet 1997 ainsi que L’histoire de la répression sexuelle, Jos Van Hussel, éditions du Jour,/Laffont) . En Angleterre, pendant la période victorienne, on attachait, le soir, le prépuce des garçons pour les empêcher d’avoir une érection pendant leur sommeil ou à leur réveil. Comment peut-on, dans ce cas, maintenir des règles et des lois émanant de cet esprit fasciste ? Comment pourrait-on affirmer aujourd’hui que l’Inquisition qui avait pour rôle de maintenir le dogme religieux était autre chose qu’une infamie ? D’où proviennent les règles actuelles qui régissent la sexualité sinon des royautés et des papautés (de l’Inquisition) afin de maintenir le pouvoir de ceux-ci sur le peuple «ignorant» ?
La répression a servi à créer la discipline de la peur », comme s’il n’y existait pas des moyens plus efficaces, moins traumatisants pour obtenir le contrôle de soi afin de bien vivre en société. On semble ignorer que la répression engendre toujours une bombe à retardement contre-nature sans cesse prête à nous sauter dans la face puisque la culpabilisation est un élément prépondérant dans l’instinct de mort. Toutes les personnes qui se sentent coupables se détestent. Comment peuvent-elles aimer les autres ? Pourquoi dictent–elles aux autres leur morale ?
Les règles de la sexualité, tout comme celles du mariage ont été établies pour gérer le comportement humain d’une façon raisonnable pour le plus grand nombre d’individus possibles. Même à travers les religions, c’est un véritable négoce axé sur le partage entre l’homme et la femme des responsabilités et des tâches dont, entre autres, la satisfaction sexuelle. Dans un couple où il n’y a plus d’amour, c’est une forme de prostitution légalisée, sacralisée. Le mariage a un caractère commercial évident quand on examine le phénomène de la dote ou encore les raisons d’exister de la polygamie ou de la polyandrie.
En réalité, sans le caractère religieux qu’on confère au mariage « personne ne peut séparer ce que Dieu a uni », rien n’est sacré dans le mariage. Cette sacralisation tend à légitimer le caractère inviolable, éternel de l’union, principalement en vue de procréer et de fournir aux rejetons la sécurité dont ils ont besoin pour devenir adultes. Il faut savoir qu’auparavant, les religions tenaient lieu de médecins, de policiers, ignorant souvent les vérités les plus élémentaires de la psychologie, d’où ils tenaient tant de pouvoirs dont ils abusaient volontiers. Il n’est donc pas étonnant que Dieu se mêle de gérer l’usage d’un corps qu’il n’aura jamais, à travers des prêtres qui inventent des histoires de façon à maintenir leur pouvoir, ce qui ne remet même pas l’existence de Dieu en cause. La femme étant objet de tentation qui assombrit la présence de Dieu dans leur esprit, les prêtres l’ont identifiée comme le mal et le danger le plus absolu.
La personnalité, l’individu n’avait aucune existence. Tout était la famille et plus particulièrement la communauté car c’était la main-d’oeuvre à bon marché, la chair à canon pour les rois et les papes. Il fallait tout leur sacrifier et les femmes se devaient d’être soumises à leur mari, même et surtout, dans le lit. Elles devaient être disponibles à leurs maris. Heureusement, les mouvements féministes authentiques ont mis fin à cet esclavage de la femme et leur a remis le droit à leur dignité. à leur intégrité et à leur destin. Les religions demeurent pourtant toutes très misogynes. Ce qui prouve que nos règles sont encore d’un autre âge. L’âge de la soumission et de l’ignorance.
Malheureusement, on a pas encore tout à fait reconnu que dans le mariage, ce n’est pas la licence (le sacrement du mariage) qui est importante, mais l’amour. Les règles de la sexualité ont été créées en fonction de l’esclavage féminin et non en fonction de l’amour entre deux êtres. Tout plaisir devait être banni. Pour la femme, faire l’amour c’était une obligation. Il est temps qu’on s’en aperçoive et qu’on cesse d’agir ainsi. Par contre, si la sexualité est propriété de chaque femme, elle l’est aussi de chaque individu. C’est invraisemblable que la majorité des mouvements de répression sexuelle qui s’affiche contre la pornographie (nudité) soit l’invention de femmes frustrées qui prétendent au bien de la société en interdisant aux jeunes de vivre leur sexualité comme ils l’entendent. Les règles du mariage avaient aussi pour but d’assurer la protection des êtres les plus fragiles dans la société en les éduquant.
Toutes nos lois sur la sexualité sont centenaires, sinon millénaires, plus souvent qu’autrement très «macho» d’où est-il important de les réviser puisque la vie, le système a changé. L’ignorance crasse n’a plus sa place. Aucune personne intelligente n’osera remettre en question le droit des gais à leur orientation sexuelle.
Tous les états modernes ou presque ont compris la nécessité de se laïciser et de se démocratiser. Ce n’est plus la dictature d’un dieu. Le peuple qui est souverain, laissant ainsi toute la place possible à la liberté individuelle. Il est important dans une constitution de définir avec précision l’équilibre entre le bien collectif et le bien individuel. Il en est de même pour les droits et les responsabilités.
Auparavant, l’ignorance et la répression sexuelle permettaient au souverain et à la bourgeoisie d’établir les règles de civilité du peuple qui en avait probablement besoin. Ce système servait deux fins particulières : 1- obtenir une force militaire (plus il y a d’hommes, plus l’armée est efficace) 2- obtenir une plus grande force de travail, grâce à la sublimation sexuelle, surtout chez les jeunes (La révolution sexuelle, W. Reich, collection 10-18 et La lutte sexuelle des jeunes, W. Reich, FM petite collection, Maspero, no 100).
Aujourd’hui, ces deux éléments sont dépassés, sinon inexistants. Il faut donc établir de nouvelles règles qui engendrent davantage l’autonomie de l’individu ainsi qu’une plus grande responsabilisation. Demain, la créativité sera la plus grande des richesses, non plus la force des bras. Il ne suffit plus d’obéir aveuglément; mais savoir et comprendre pourquoi on obéit. La société démocratique idéale sera basée sur la réalisation de l’individu et le respect des autres, d’où l’importance de l’éducation.
La famille : base de notre société.
La famille était, est, et sera toujours, la cellule de base de notre société. C’est l’endroit où l’individu reçoit la sécurité matérielle et psychologique (l’amour inconditionnel) nécessaire à son développement, c’est-à-dire à la recherche de l’autonomie.
Quoiqu’on en pense, les enfants ne sont pas la propriété des parents, mais leur responsabilité, leur but, leur réalisation. Un couple qui décide d’avoir un enfant (même adopté) sacrifie souvent une partie de son propre bien-être pour assurer celui de l’enfant. C’est la «game», le fruit d’un choix quasi-irrévocable. La vocation, comme on disait autrefois. Mais, le but principal des parents est de conduire leurs enfants vers leur autonomie, vers la responsabilité sociale.
Rien n’a plus de prix qu’une famille parce qu’elle crée l’atmosphère affective, l’atmosphère du développement. C’est ce qu’oublient trop facilement nos gestapos « de fonctionnaires» qui s’imaginent juger des situations mieux que les parents ou les individus impliqués eux-mêmes. Au nom de leur code moral sexuel, sans tenir compte des liens affectifs, ils jugent immoraux les gestes à caractère génital entre deux individus qui n’ont pas atteint l’âge prescrit. Pourtant, cette première rencontre entre l’individu et la société est fondamentale pour sa perception du monde à venir. La famille te montre tout quant à ton comportement avec les autres, y compris la sexualité. Une éducation véridique est essentielle à un enfant, d’où bonne éducation ne veut pas dire répression sexuelle. C’est plutôt savoir se comprendre, se connaître, se contrôler et respecter les autres. La violence, souvent due à la boisson, est drôlement plus nocive dans le développement d’un enfant que la liberté sexuelle, mais on fait comme si on l’ignorait. On reste accroché à ce que l’on a appris. Le Québec se comporte comme s’il n’a jamais pu échapper aux enseignements religieux qui sont très largement remis en question par la science.
Par ailleurs, la famille d’aujourd’hui n’est pas toujours comme celle d’hier et c’est probablement mieux ainsi puisque les drames peuvent être évités avec la disparition des contraintes abusives de l’indissolvabilité du mariage. Malgré ce progrès, dans une perspective d’avenir, il faut s’assurer que l’enfant cesse d’être un objet de marchandage et de chantage économique ou affectif, surtout dans les cas de divorce. Chaque être sur terre est unique et important. Rien n’est plus important que la vie d’un être humain, rien ne peut justifier son élimination. Chacun ne vise qu’un but : être heureux durant le bref séjour de notre vie.
La société doit fournir à travers la famille, le milieu, l’environnement qui permet d’atteindre cette atmosphère propice à la réalisation individuelle. Dans un monde idéal, chacun devrait pouvoir choisir sa famille, si sa famille ne convient pas à son développement personnel. Plus une société est évoluée, moderne ; plus elle est capable de vivre la vraie démocratie, plus elle est capable d’offrir un niveau de vie acceptable pour tous, sans exception … Un niveau de vie décent veut dire là où le minimum vital est assuré pour chacun : un bon logement, la nourriture, le chauffage, l’instruction, les outils essentiels permettant de se créer un avenir acceptable, grâce à son travail. Tout le monde devrait avoir le droit de choisir sa famille et le pays dans lequel il désire vivre … une terre sans frontière, mais ça, c’est pour dans un siècle ou plus …
Pour y arriver, il faut revoir notre notion de la famille. La famille doit être définie comme un milieu apte à fournir l’amour et la sécurité nécessaire au développement de tous ses membres. Il n’y a pas qu’une structure acceptable, que le couple hétérosexuel qui soit capable de remplir cette mission, bien au contraire. Un couple gai peut y arriver tout aussi bien.
Dans une société évoluée, on doit accepter le mode de vie de chacun, à moins que celui-ci mette en danger ou ne respecte pas les autres … Il peut y avoir la commune, les familles monoparentales, gais, polygames, polyandres ou nucléaires. L’important n’est pas qui les compose, mais si elles sont aptes à assurer le développement de chacune de ses composantes.
S’il est vrai que dans la famille l’enfant est le centre, la raison d’être, il ne faut pas oublier que le bien-être des ou du parent est aussi un élément essentiel. L’enfant n’est pas un dieu, pur, innocent et sans reproche … il peut être aussi autant une «petite vermine» que n’importe quel adulte. Pour qu’une famille soit une réussite, elle doit être un lieu, une atmosphère où chacun puise la vitalité de son propre développement.
Pour qu’une famille remplisse sa vocation, il est essentiel que chaque membre ait sa part de responsabilités. La bonne entente est un élément indispensable au développement harmonieux et équilibré des enfants. En ce sens, il faut s’assurer que la vie de ceux qui tiennent lieu de parents le permet. Notre société légale est à ce point viciée dans son souci d’exploitation économique que le travail des deux parents ne suffit plus souvent à offrir un régime de vie supportable à tous ses membres. L’exploitation éhontée de la masse par un régime économique dictatorial qui élimine les nationalités et uniformise les individus, connue sous le nom de «mondialisation des marchés» doit être immédiatement combattue.
Dans un premier temps, il faut assurer l’égalité de tous les individus quelle que soit le sexe et l’orientation sexuelle. La parité salariale (qu’il faudra étendre aux ados pour éviter leur exploitation) doit cesser d’être un rêve et devenir une réalité. La femme et les enfants doivent être égaux à l’homme adulte à tous les points de vue. On est pas d’abord un homme ou une femme, on est d’abord essentiellement un être humain. Cependant, il faut reconnaître que les liens se tissent plus facilement avec les gens de son propre sexe comme de sa propre génération. Après les féministes, faudra-t-il avoir les mâlistes ? Si l’homme et la femme sont égaux, pourquoi les femmes bénéficieraient-elles d’un programme particulier ?
D’autre part, il est aussi urgent que les gais aient les mêmes droits que les hétérosexuels et reconnaître qu’il n’y a pas d’âge pour définir son orientation sexuelle, ni pour commencer son apprentissage. Chaque moment de la vie se charge de cette découverte fondamentale pour chaque individu qui doit non pas la faire, mais la subir pour le meilleur ou pour le pire. Il faut que le statut d’une famille avec des parents gais soit le même que la famille nucléaire. Il faut réajuster les règles en matière d’adoption. Comme il a été scientifiquement établi que l’orientation sexuelle est déjà pratiquement définitive dès l’âge de cinq ans, le tabou à l’effet qu’un couple gai ne peut pas aussi bien qu’une famille nucléaire élever des enfants est dépassée. L’important pour l’enfant, c’est l’amour et la sécurité. Un milieu propice au développement de « sa » personnalité. Cela heurte les modes voulant que telle ou telle fonction est celle d’un homme ou d’une femme. L’important, c’est d’être bien dans sa peau et non son orientation sexuelle. Par ailleurs, la société à travers ses préjugés, peut nuire au développement de l’enfant en stigmatisant certains choix sociaux ou à partir de l’orientation sexuelle. L’enfant peut, à cause des racontars, des campagnes de morale publique, surtout aux informations à la télévision, se sentir inconfortable dans sa famille. Cette honte ne peut que lui être préjudiciable. En d’autres termes, le jugement social peut-être encore plus dévastateur que le fait de vivre dans une situation plus ou moins exceptionnelle.
Être une commère devrait être un crime, si on respecte le droit à la vie privée … Les psychologues parlent souvent des sévices que subissent les jeunes, lors d’une relation sexuelle avec un adulte. C’est simplement parce que c’est plus payant pour eux de donner cette explication. tous les maux nés d’avoir été abusé ne créent pas le besoin de dénoncer pour se calmer le pompon. C’est peut-être un soulagement mais c’est surtout un moyen de vengeance. On serait mieux d’insister sur le besoin de ne pas se culpabiliser outre mesure. Avoir un rapport sexuel, ce n’est pas la fin du monde. Et avec qui ne regarde personne. On semble oublier que la honte de son geste est comme si on se voyait dans un miroir dès qu’il y a une situation qui lui ressemble. En fait, si on ne culpabilisait pas outrageusement l’homosexualité ou les relations sexuelles adultes ados, si nos journaux n’en faisaient pas des crimes pire que de tuer, possiblement qu’un jour la personne finirait par comprendre par elle-même qu’il est possible de s’en libérer sans devoir absolument en parler, sans haine et sans honte, comme une autre expérience vécue par bien des gens. Plus la honte est grande, plus le traumatisme l’est. Aussi, faut-il blâmer autant l’omerta qui a toujours accompagné les connaissances sexuelles au Québec que cette relation. Souvent la honte vient de ce que les autres pensent de nous ou de la peur de ce qu’ils pourraient penser de nous parce que nous en avons toujours fait une montagne. Le chantage contre l’Église catholique émanerait-il ou cacherait-il une nouvelle guerre de religions ?
Les parents gais devraient bénéficier des mêmes droits et avantages sociaux que le couple hétérosexuel. Il en va simplement de l’honnêteté sociale et de l’égalité des individus dans la société. L’homophobie est une discrimination au même titre que la discrimination raciale.
Nos législateurs et le système judicaire doivent cesser d’agir en hypocrites et respecter les lois qu’ils promulguent, sans toujours essayer de les contourner, en formulant de nouvelles restrictions à travers d’autres lois. Si on accorde la non-discrimination quant à l’orientation sexuelle, il faut avoir la cohérence et l’intelligence de revoir toutes les lois en fonction de ce droit fondamental et de la réalité physique et psychologique des individus. Si l’on dit qu’à 14 ans, le jeune peut choisir et qu’il n’y a pas de crime dès qu’il y a consentement, il faut cesser de jouer autour de cette règle pour la contourner de toutes les manières en créant de nouvelles lois ou de nouvelles effractions.
Il est malheureux que les compressions budgétaires aient entraîné la disparition de la Commission de la réforme du droit, car souvent les lois sont incompatibles dans leur application aux droits accordés … parfois même, les conséquences ne sont pas celles que l’on souhaitait. Il serait temps que l’on prenne conscience du problème. Si le système judiciaire doit être indépendant de la politique, il doit l’être davantage de l’économique … On dirait que le système économique ne vise que l’exploitation des individus par des « bandits légaux » qui ne visent que leur profit. Le «système» doit exister pour assurer le bien-être de la société et non «pour exploiter légalement» tous ceux qui la composent … Il est inadmissible que les lois aient des dizaine d’années de retard sur la réalité et les découvertes scientifiques.
Actuellement, la majorité accepte que le jeune peut et doit décider le plus jeune possible du milieu dans lequel il veut vivre. L’Église situait l’âge de raison à sept ans. Ainsi, dès l’âge de sept ans, un enfant est capable de différencier entre le bien et le mal, quoique cela ne veuille pas dire qu’il puisse extrapoler les conséquences de ses gestes. Cela ne veut pas dire qu’il est libre, qu’il peut choisir entre le oui ou le non, sans contrainte. Il faut aussi tenir compte de l’inconscient pour déterminer la capacité d’agir librement. L’éducation joue un rôle essentiel dans le développement de la capacité de choisir ce qui est et sera pour le mieux.
L’influence a rien à voir avec la contrainte, car même à 55 ans, tu es encore sensible à ce que dit, pense, fait ton entourage. Que l’enfant ne peut pas décider parce qu’il est influençable, c’est de la merde. Mais qu’il ne peut pas extrapoler dans le futur l’impact que cela pourrait avoir dans sa vie, c’est un fait. Donc, il faut le protéger contre ce qui plus tard pourrait créer son malheur ou sa destruction. Les suites seront d’autant plus importantes qu’il en ressentira l’approbation ou la condamnation par ses proches. Il faut l’éduquer pour lui permettre de choisir le plus vite possible en fonction de son avenir et de ses propres goûts, de sa propre personnalité.
L’idéal en éducation, c’est de permettre le plus jeune possible à un individu d’être autonome, donc, de pouvoir faire des choix, d’être libre. Et, la liberté, c’est de pouvoir dire «oui» ou «non» à une relation sexuelle; pas de devoir absolument dire «non».
En sexualité, si l’on veut respecter l’individu, il faudra cesser de le juger selon son âge chronologique, mais plutôt tenir compte de son âge psychologique, lequel est différent selon chaque individu. Il existe des éléments, un rythme personnel dans le développement de chaque individu. La phase de développement dans laquelle il vit peut être établie par des professionnels. Cette vitesse individuelle constitue un droit à son intégrité. Et, ne pas la respecter, en fixant des normes mur à mur, c’est nier ce droit.
Il faut se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, Samuel de Champlain, fondateur de Québec, a épousé une jeune fille de 12 ans alors que le deuxième président des États-Unis, M. Jefferson, avait une épouse de 14 ans.
Une expérience est-elle automatiquement traumatisante parce qu’elle est précoce ou parce qu’elle correspond au développement, à la curiosité, à l’approbation de cette personne ? Qui autre que la personne qui se marie doit décider si c’est un âge ou un choix approprié ? C’est un choix de l’individu qui ne revient même pas aux parents. Un choix individuel que la société doit garantir à tous ses citoyens. Ça n’a pas d’importance que je trouve ça personnellement beaucoup trop jeune; l’importance est le consentement vraiment libre de la personne concernée. Aussi, dans notre monde actuel, à cause du besoin d’instruction et la misère économique, ça serait une véritable aberration. Une telle perception est u but à atteindre.
Si on veut réellement protéger l’enfant, et non lui laver le cerveau au nom d’une morale d’adulte bourgeoise et religieuse, on examinera si la situation est bénéfique pour l’enfant et non si elle correspond aux normes. Si l’enfant a été perturbé, il doit pouvoir compter sur l’assistance de psychologues. Cependant, il ne faut pas oublier que souvent l’hystérie des parents, l’appel de la police et toutes ces mesures répressives stigmatisent encore plus le jeune, car il a l’impression que d’avoir joué aux fesses, c’est pire que s’il avait tué …
Si un jeune peut décider à 14 ans avec qui il veut vivre, si la fille peut décider si elle prend la pilule (donc de sa vie sexuelle), il doit assumer son orientation sexuelle et les parents et les lois doivent apprendre à respecter intégralement ce choix. L’individu ne choisit pas son orientation sexuelle (ce qui l’attire sexuellement), mais la subit. L’orientation sexuelle est innée dans l’individu dès sa naissance. Le temps ne sert qu’à en prendre conscience. Le développement de la conscience de cette orientation est possiblement le fruit de la relation, entre la naissance et les cinq premières années de sa vie, avec les membres de sa famille. Cependant, pour plusieurs cette connaissance de soi ne s’opère qu’à travers les années.
L’appareil social doit être orienté non pas dans une vocation répressive et d’uniformisation, mais comme un appui dans la recherche d’un comportement social acceptable qui permet la réalisation individuelle. Il faut apprendre à vivre avec son orientation sexuelle, car on ne peut rien y changer … La liberté individuelle doit avoir pour unique frontière la non-violence, le consentement et le respect de la liberté de l’autre.
Si on accepte qu’à 14 ans, un ou une jeune doit pouvoir assumer sa sexualité, il faut que cela soit aussi vrai pour l’appareil judiciaire. Sans violence ou contrainte, la vie sexuelle des jeunes de 14 ans et plus comme celle des adultes ne regardent pas la police ou la DPEJ. Il faut aussi prendre note que ce n’est pas parce que ta fonction en est une d’autorité qu’une relation avec un ou une mineure est automatiquement soumise à cette notion d’autorité.
Le jeune doit être directement sous l’autorité de la personne qui se sert de sa situation pour abuser de son statut, pour pouvoir invoquer la notion de » personne en fonction d’autorité », car il peut exister un lien affectif, voire amoureux entre un jeune et un policier, par exemple, qui n’a rien à voir avec une situation d’autorité. Ce n’est pas parce que tu portes un uniforme que tu es nécessairement en état d’autorité sur un quelconque individu. Deuxième exemple, si tu n’enseignes pas (ou plus) à un élève avec qui tu as une relation affective, voire sexuelle, tu n’es pas dans une situation d’autorité, car ton poste ne te confère aucun privilège ou moyen dont tu pourrais te servir pour faire «chanter» le jeune. Être en amour arrive aussi bien à des « gens en autorité» qu’à des jeunes. Dans ces derniers cas, on devrait plutôt se demander si cette réalité est nuisible au jeune plutôt que de jouer aux moralistes.
Par ailleurs, il faudra créer une éthique dans les relations adultes adolescents, car tu es en partie responsable de ceux que tu aimes. Et, ces relations doivent cesser de se vivre à la cachette et dans une atmosphère d’hypocrisie malsaine.
1- La sexualité, sans violence, ni contrainte, ne regarde pas la police.
Avec les lois sur le viol, le proxénétisme et les drogues, la police a tous les outils légaux nécessaires pour contrer les cas d’abus, On peut éliminer presque toutes les escouades de la moralité, car avec une politique de liberté sexuelle consentie, elles sont inutiles et dispendieuses. Un policier qui passe ses journées à s’amuser sur internet, ça coûte inutilement cher, surtout si on sait que la chasse aux pédophiles sur internet, n’est qu’une excuse pour contrôler l’internet … tout comme on sait que la CIA se sert des mouvements religieux missionnaires, qui prétendent protéger les enfants dans les pays sous-développés, pour des fins d’espionnage… L’État n’a pas à remplacer les curés ou faire le travail de la CIA.
Cependant, il est évident que la sécurité de l’individu est aussi un droit. Un viol, le proxénétisme, le commerce d’humains, l’esclavagisme demeureront toujours inacceptables et devront toujours être punis. Un individu qui a blessé ou tué un enfant pour le violer ou tout autre motif comme le commerce d’humains doit être incarcéré, car il est un danger public. Dans de tels cas, il ne devrait même pas exister de libération conditionnelle, car la victime potentielle ne peut pas se défendre. Il en va tout autrement dans une expérience de séduction. Les cadeaux font partie de toutes les relations humaines affectives et n’engagent pas nécessairement la personne qui les reçoit. C’est un facteur d’éducation. Avoir des policiers sur internet, c’est mal dépenser les subventions pour combattre le crime, car on ne le fait pas aux bons endroits, là, où il y a violence. On a plus besoin d’une escouade contre les crimes économiques et retrouver les personnes disparues qu’une police qui se livre à la chasse aux pédophiles en se faisait passer pour un jeune.
Les crimes non-violents tels les attouchements, les incitations doivent disparaître du code criminel, car ils prêtent à l’arbitraire. Qui peut objectivement juger de l’intention d’un autre ? Est-ce que dire que j’ai un beau pénis met une autre personne en danger, est-ce vraiment du harcèlement, de la pruderie ou de l’hypocrisie ? Toutes ces situations doivent être remplacées par le consentement ou le refus clairs de la personne. Le seul crime est d’insister, de récidiver, si l’autre a très clairement manifesté sa désapprobation. Et là, c’est un viol. Pas besoin de règle spéciale. Il faut faire mentir les paroles de Léo Ferré : le problème avec la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres. La morale doit être une série de règles intérieures, personnalisées, visant le respect de soi et des autres. La base doit être la non-violence et le consentement. Les véritables vicieux sont les puritains qui voient du mal partout. Incapables d’aimer et être heureux, ils condamnent tout sans discernement.
Ce choix du «oui» ou du «non» de l’individu doit être absolu. Il respecte en tout toutes les notions de la Charte des droits de la personne : vie privée, intégrité physique, morale et psychologique, orientation sexuelle, etc. Par ailleurs, il peut exister des zones grises quand il s’agit « d’agace-pissettes», ceux qui disent oui en voulant dire non ou vice-versa. Pour qu’il y ait crime, il faut qu’un geste soit posé contre la volonté clairement exprimée par l’autre et ce refus doit pouvoir être perçu tout aussi clairement par l’autre. En éliminant la notion d’incitation, les individus auront intérêt à clarifier leur position dès le début et voir à la faire respecter. Il y a une différence entre consentir lors de la liaison et refuser par la suite parce qu’on s’en culpabilise. Il faut savoir nettement dire non quand c’est le temps.
L’importance d’une éducation précoce à ce droit du «oui» ou du «non» est manifeste. C’est l’individu qui décide lui-même ce qui acceptable ou non pour lui, et, le plus vite est le mieux. Au Manitoba, on parlait de la théorie du «j’aime» ou «j’aime pas». Si l’individu connaît la loi et ses droits, il saura très jeune qu’il faut être clair dans l’expression d’une acceptation ou d’un refus; car il est le maître absolu de son corps et de son esprit. Il doit nécessairement donner une réponse ou un message très clair d’acceptation ou de refus, car qui dit rien consent. Il doit connaître tous les mécanismes mis à sa disposition pour le protéger, mais il doit savoir que ses droits ne sont pas des armes pour lui permettre de faire chanter quelqu’un d’autre ou de le manipuler. Si tu n’es pas d’accord avec le comportement sexuel d’une personne, tu ne retournes pas la voir … y retourner c’est consentir.
Il faut aussi cesser de voir la sexualité comme un tabou ou un sujet honteux. Moins, il en sera ainsi, plus les individus pourront en parler normalement, ouvertement. À ce chapitre, il faudra peut-être éduquer bien des parents. Tous les jeunes devraient avoir cette sensation que de parler de sexe, ce n’est pas plus grave, plus honteux que de parler de température. La sexualité est rien de plus naturelle. Cela est essentiel pour éliminer les possibilités qu’un jeune vive une expérience négative ou non souhaitée, imposée et soit traumatisé pour le reste de sa vie parce qu’il ne peut pas se vider le coeur. C’est une approche préférable et moins pernicieuse que d’inciter à la délation dans ta majorité.
Parler d’une expérience douloureuse, ce n’est pas une délation, c’est une libération. Malheureusement, aujourd’hui, on confond les deux. On veut entendre parler de sexe comme au confessionnal, en visant à dénicher un coupable. La chasse aux sorcières, c’est de l’obscurantisme. On parle de ces problèmes pour se déculpabiliser, pour éliminer ses blessures intérieures, non pas pour se venger ou faire chanter l’autre. Les psychologues devraient savoir qu’il y aura une période d’adaptation à la libéralisation, mais que la libéralisation demeure ce qu’il y a de mieux pour l’ensemble de la population.
Ainsi, une fois établie la liberté sexuelle, il faudrait pour un certains temps (le temps de pouvoir appliquer concrètement cette réforme, trois ou cinq ans tout au plus), pour établir une prescription quant à l’âge et à la catégorie de la délation. Pour cette période, que tu puisses te plaindre jusqu’à 20 ans est raisonnable. Tu as eu deux ans de ta vie pour te libérer, s’il y a lieu, de la domination de l’autre. Par contre, si tu dois attendre 15 ans et te faire révéler par un psychologue qu’une aventure sexuelle fut un problème, cela ne t’a certainement pas tellement traumatisé. Une fois, les nouvelles lois en vigueur, cette prescription devient inutile. Par ailleurs, il est aussi évident qu’il ne doit jamais y avoir de prescription pour les crimes impliquant de la violence. La violence doit être bannie de nos moeurs, c’est ça devenir civilisé.
Cependant, il faut absolument une éducation sexuelle dans toutes les écoles ainsi que la propagation maximale d’informations sur les moyens qu’a un enfant pour se protéger (en parler à ses parents, à une personne en confiance). Puisque le jeune est libre de dire oui ou non, un oui imposé devient une forme de violence car il n’y a pas de consentement. C’est donc contre la volonté exprimée. Si les parents ont une approche calme et censée face à la sexualité, ils éviteront de devenir hystériques dès que les enfants parlent de sexualité et ceux-ci seront capables d’en parler car ils seront en confiance et sauront que ça ne virera pas au drame s’ils osent parler. Dans un tel contexte, il serait aussi préférable que la personne puisse parler ouvertement de sa pédérastie, car ça permet à l’entourage d’être plus attentif.
Public et privé
Il est évident que l’on ne peut pas imposer la liberté sexuelle. C’est un droit individuel, non une obligation ou même une règle de vie. Chacun a droit à sa propre morale sexuelle, tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination. Certains peuvent la refuser cette liberté pour des motifs religieux, par exemple. C’est leur droit, même si je trouve ça ridicule. La différence, c’est qu’avec une telle législation, tu ne peux pas obliger les autres à croire ou ne pas croire dans tes péchés. À quel âge peut-tu échapper aux règles morales de ta famille ? Chaque individu, en autant qu’il respecte le oui ou le non de l’autre peut vivre dans un espace privé la morale qui lui convient.
Par contre, il est parfois difficile de différencier ce qui est privé de ce qui est de l’espace public.
Ce qui se passe dans ta maison chez-toi ne regarde personne d’autre, à moins qu’il y ait un crime violent ou une situation qui mette la sécurité des autres en danger. Cela semble raisonnable et incontestable. La vie chez – toi fait partie de ton intimité. En est-il de même dans ton auto ?
Là, où il y a une zone grise, c’est ce qui se passe par exemple, dans un club, un sauna ou un salon de massage. Si la liberté doit régner en maître, il faut cependant pouvoir protéger ceux qui s’y trouvent. Certains clients seraient forts sur la violence, d’autres, aimeraient avoir les services de massage sans être exposés à une morale trop libérée. Si on va dans un club de danses à dix, qui permet de toucher le danseur ou la danseuse, faut-il alors qu’il y ait un paravent pour permettre à ceux que ça dérange de pouvoir s’y rendre sans passer pour des scrupuleux ? Comment assurer la sécurité du danseur ou de la danseuse ? En décrivant les services payés et acceptés dans le prix de ce que tu payes ?
L’affichage franc, net, clair de ce qui est permis, toléré dans un club, est la solution. C’est qui peut définir ce qui est, et à quel moment, du domaine public ou du privé. La liberté sexuelle est un droit individuel. Peut-elle être aussi un droit plus ou moins collectif ? En d’autres termes, le comportement dans certains lieux publics pourrait-il être dans certaines conditions considéré comme de la vie privée, si l’affichage est clair ? Qu’est-ce qui est privé et qu’est-ce qui est public ? Quelle est la limite pour respecter le droit des uns autant que des autres ? Une chose est certaine, les règles sont souvent de la pure hypocrisie. Quand j’ai travaillé dans les clubs à Montréal, il fallait offrir gratuitement la boisson aux inspecteurs de la moralité pour avoir la paix et s’exposer à rien. Pourquoi ce trafic ? Les escouades de moralité sont des façades d’hypocrisie et corruption.
L’affichage peut-être une des solutions, en ce sens, que si un club annonce très clairement ce qui est accepté dans ses murs, le client est libre d’y entrer ou non, en toute connaissance de cause. Pourquoi la morale bourgeoise publique devrait- elle exister mur à mur ? Le choix revient à l’individu. Ce qui se passe dans une loge ou derrière un rideau tient plus de la vie privée que de la vie publique. À l’intérieur d’un club, le client a le droit de se payer et se réserver une loge ou un espace privé, s’il veut aller plus loin que de seulement regarder. Les limites pourraient être fixées par l’établissement et le respect de celles-ci devrait être assumé par l’établissement. Vivre et laisser vivre !
Le voyeurisme, tout comme l’exhibitionnisme relève beaucoup plus de l’équilibre mental de l’individu que de la morale collective. Dans ces cas, il semble indiqué qu’une personne qui exagère (elle se promène nue devant une école, par exemple) soit immédiatement référée à un psychologue pour sa propre protection et non pour des raisons morales… un parent ou un adulte pourrait vouloir lui apprendre à se vêtir en public avec ses poings… ces tenants de la moralité existent aussi et ont autant besoin de soins psychologiques. Par ailleurs, comme dans les cas de santé mentale puisque c’est de ça qu’il s’agit, l’individu est-il libre d’être soigné ou non, en autant qu’il n’y a pas de violence. Accepter la liberté sexuelle ne veut pas signifier que tout est bien. Mais, tout est dé judiciarisé. On trouve d’autres solutions que la répression. Tout est question d’équilibre. Ce n’est pas parce qu’on accepterait des lieux de naturisme que ça veut dire que tout le monde va vouloir vivre tout nu, tout le temps. C’est simplement permettre aux gens de vivre comme ils l’entendent tant qu’il n’y a pas de violence ou de domination.
La prostitution individuelle légalisée…
Il va de soi que si l’on accepte le droit absolu à l’intégrité physique et morale des individus, la prostitution et la sollicitation, sans harcèlement, doivent être dé judiciarisées. Par contre, personne n’est obligé de subir le racolage sur le trottoir, mais, pour cela, il y a déjà d’autres lois (la paix publique, etc.).
La légalisation sur la prostitution ne peut être acceptée que sur une base individuelle, tout en resserrant les règles quant au proxénétisme. La prostitution doit être un choix de la personne, un geste absolument libre. Un travail ou un plaisir.
Par ailleurs, pour assurer la protection du public et des prostitués (ées) des endroits officiels, licenciés, spécialisés, devraient être offerts. Ces endroits devraient être officiels et identifiés comme tels. Il serait alors possible d’obtenir des garanties au niveau de la santé des prostituées (és) et s’assurer que ceux-ci /celles-ci ne soient pas violentés (ées) dans l’exercice du plus vieux métier du monde. Ces maisons closes légalisées devraient offrir un service gratuit de médecins et de psychologues pour les prostitués (ées) et les clients qui le désirent. Une maison de passe est un service public rendu à certains individus dans la société pour leur permettre de se dé frustrer, pour éliminer les situations de violence et combattre l’hypocrisie. Personne n’est obligé de s’y rendre alors pourquoi empêcher les autres de vivre comme ils l’entendent, s’il n’y a pas de violence ?
Même prostitué, un être humain demeure un être humain avec toute sa dignité. L’exemple vient de haut quand on se rappelle la réponse de Jésus aux détracteurs de Marie-Madeleine. La prostitution doit être un acte libre, consenti, non violent et non un geste honteux. Se prostituer est un travail aussi noble que toute autre façon de gagner sa vie.
Si la prostitution doit être légalisée, il en va tout autrement du proxénétisme. Il doit demeurer très hautement illégal puisque c’est une forme de domination pour ne pas dire d’esclavage. Contrairement aux lois actuelles, aucune prescription peut-être considérée comme un droit individuel rattaché à l’intégrité physique de l’individu, le proxénétisme est carrément un crime contre la personne. Aucun individu ne doit être exploité physiquement par un autre. Tout réseau de prostitution dominé par un ou des individus est un crime abject. Que l’individu veule se vendre, soit ! Qu’il s’associe à d’autres pour être mieux protégé, soit encore ! Mais qu’un maître les oblige à la prostitution, jamais ! C’est une offense à la liberté de l’homme. Un geste écoeurant.
D’autre part, le gouvernement devrait offrir des programmes spéciaux d’aide financière pour ceux/elles qui font de la prostitution pour arrondir les fins de mois afin qu’ils (elles) aient une alternative. La prostitution doit être un choix personnel, individuel, et non un geste obligatoire pour assurer ta survie.
Par contre, il ne faut pas oublier que la prostitution peut engendrer un sérieux problème de valorisation et de stabilité affective, car il n’y a pas de continuité dans ces relations, parfois, il y a même un manque de respect. La (le) prostitué est un individu qui a autant de valeur que n’importe quel autre individu. La prostitution n’est pas un travail plus dévalorisant qu’un autre. Sauf, que si on se livre à la prostitution, il faut être fondamentalement en accord avec cette décision.
C’est à cause du danger potentiel que la prostitution pédophile (avec des jeunes de moins de 10 ans) doit être interdite. Ce n’est pas une question morale, mais la nécessité de protéger leur rythme de développement et leur fragilité émotive. Ce n’est pas parce qu’il se passe quelque chose que l’enfant est automatiquement traumatisé, il peut même trouver ça plaisant. Mais, il n’y a pas de risque à prendre et il faudrait évaluer individuellement chaque situation pour ne pas l’empirer en la dénonçant. La Direction de la protection de la jeunesse devrait offrir des services spécialisés pour venir en aide aux parents et surtout aux enfants afin qu’ils ne soient pas marqués par l’événement qui doit être dédramatisé au maximum le plus vite possible. Plus on y attache de l’importance, plus on lui donne de l’importance. Quant au pédophile, il devrait suivre des traitements pour mieux comprendre son problème et apprendre à le contrôler. Il doit réaliser ce qu’un enfant peut subir de traumatismes, s’il est forcé d’avoir des relations sexuelles non consenties. Cependant, il faut faire une distinction quant à la gravité du geste entre un attouchement et une pénétration. C’est l’aspect le plus important à considérer si l’on cherche le bien de l’enfant. Si le pédophile est violent, dans ce cas, il faut qu’il soit incarcéré tant qu’il représente un danger pour un enfant. L’important, dans ce cas, est de l’empêcher d’avoir un contact avec un enfant. Si le jeune de 10 ans et plus doit avoir le droit absolu de dire oui ou non à une expérience sexuelle, il faut cependant mettre en garde les jeunes contre les dangers de la prostitution. La personne rencontrée peut être violente, voir même carrément dangereuse.
Le problème avec la prostitution, c’est que ce n’est pas nécessairement le vrai grand amour mutuel. Ce qui peut entraîner des problèmes émotifs sérieux. Connaître une expérience, vouloir savoir ce que c’est, chercher du plaisir, peut être une chose valorisante, mais si on a honte de ce que l’on fait, ce geste ne pourra jamais être positif et créateur, au contraire. Accepter des caresses parce qu’on aime ça, ce n’est pas comme rechercher de l’argent ou de la drogue, en faisant le contraire de ses principes.
La prostitution est négative quand on accepte de faire quelque chose en échange d’autre chose, contre ses convictions, ce qui engendre un irrespect de soi et une forme de culpabilisation. Il faut aussi insister sur le danger des drogues pour se déculpabiliser. On ne sera pas toujours drogué et on fera face un jour à son propre miroir. Il est extrêmement important dans la vie de s’aimer et d’être sincèrement fier de soi. Accepter une expérience en se droguant pour se masquer qu’on déteste ça, ça finira un jour ou l’autre par nous détruire. Ce n’est peut-être pas important ce que les autres pensent de nous, mais ce que l’on pense de soi est essentiel pour son propre bonheur. Tous devraient le savoir. Ce n’est pas de la morale, mais une vérité psychologique qu’il faut connaître et éviter de faire semblant qu’on ne le sait pas. Par ailleurs, il est tout aussi essentiel d’apprendre à se pardonner. Personne n’est parfait. C’est une des plus importante leçon à retenir de la vie.
Pour ce qui est du tourisme sexuel, tout citoyen du Québec à l’étranger devrait être soumis aux règles du pays visité. Chaque pays a son âge de consentement. Dans certains cas, le tourisme sexuel peut être bénéfique, s’il n’est pas entouré d’hypocrisie. Le Québec n’a pas à jouer au gendarme de la morale à travers toute la planète. Cependant, les gens qui font du tourisme sexuel devraient réfléchir sur leurs responsabilités vis-à-vis des jeunes rencontrés. Plutôt que la prison, la personne prise en défaut devrait s’occuper financièrement du ou des jeunes impliqués jusqu’à 18 ans.
Pourquoi légaliser la sollicitation ? Pour que les choses soient claires et que personne ne doive vivre une expérience sexuelle non consentie, sous prétexte qu’elle ne savait pas à quoi s’attendre. Pour éliminer l’hypocrisie. Si tu vas dans les endroits reconnus à cette fin, tu te mets dans une situation où tu pourras possiblement être sollicité, mais tu n’as que toi as blâmé.
LA NUDITÉ EST NI INDÉCENTE, NI PORNOPRAHIQUE : S’Y FORMALISER EST MALADIF.
Comme en Hollande, la pornographie pour des fins personnelles devrait être complètement légalisée. La nudité est ni indécente, ni pornographique. L’éliminer est une hantise religieuse et bourgeoise.
Être nu ne fait mal à personne. Si la nudité t’offense, tu n’as qu’à regarder ailleurs. Être scrupuleux est aussi déséquilibré qu’être trop exhibitionniste puisque c’est avoir honte de ton corps ou du fait que l’être humain est aussi constitué de chair.
Il est invraisemblable que de nos jours, la photo d’une personne (ou d’un groupe) nue soit considérée comme pornographique. Toute notre culture accepte depuis des siècles la beauté du nu. Il y a des nus dans toutes nos formes d’arts, heureusement. L’esthétisme a même été considéré comme une philosophie de vie centrée sur la beauté. Qu’y a-t-il de plus merveilleux qu’un paysage grandiose, sinon les formes, les lignes du corps parfait, la beauté d’un visage ou d’un sourire ?
Il faut décriminaliser la nudité. Éliminer la folie des policiers dénoncée dans des chroniques de Foglia. Un nu, même enfant, c’est beau. C’est pur. Ceux qui y voient du mal sont des malades.
Cela ne signifie pas que tout le monde doit se promener nu sur le trottoir … il y aura, au moins, toujours les limites du bon -sens et la température… Le choix est individuel.
Par contre, certains endroits se prêtent bien à l’exercice de la nudité : les piscines, les plages, les gymnases, les arts, etc. Il suffit, pour respecter tout le monde, que les gens fréquentent ces endroits soient avertis au préalable de cette liberté. La nudité permet un bien-être corporel indéniable… il suffit d’avoir déjà nagé nu pour le savoir.
Il ne faut pas oublier que dans les gymnases grecs les sports étaient pratiqués en toute nudité et aucun spectateur n’est mort ou ne fut même blessé … c’est purement une question de mode, de beauté et d’éducation. Il est inacceptable qu’il y ait aucune piscine au Québec qui permette de se baigner nu comme dans certains bains publics, familiaux, à Vancouver … Qui a fréquenté un club de nudisme sait très bien que c’est là où il y a le moins de voyeurisme. Les plus scrupuleux sont tous plus ou moins les plus cochons…
Les scrupules face à la nudité reposent sur rien d’autre que la honte de son corps, à cause des modes et de sa honte personnelle due à son éducation plutôt que sur le respect et la fierté de soi. Les avantages du nudisme sont indéniables. Il faut chercher un équilibre entre ceux qui y voient une question de santé et de bien-être et ceux qui se sentent offensés par la vue du moindre pouce de chair humaine. Les parties du corps supposément sexualisées le sont devenues parce qu’elles ont été interdites ou sacralisées (une autre forme d’interdit). Si on interdisait de se montrer le bout du nez durant un siècle, un nez nu serait une offense contre la pudeur. Voilà comment¸ ça marche.
Si, des endroits publics acceptent la liberté de la nudité, ils doivent l’afficher pour permettre à chacun de choisir d’y aller ou pas. Pourquoi n’y aurait-il pas de clubs où les gens danseraient tous nus ?
Il en va tout autrement quant aux endroits privés comme chez -soi.
Tout être humain doit être libre de vivre vêtu ou nu dans la maison qu’il habite, sans oublier que les rideaux, ça existent … S’il faut proscrire l’exhibitionnisme à tout cran – - se flanquer nu dans la fenêtre du premier étage qui donne sur la rue Principale — il en va tout autrement de l’écornifflage du voisin à un deuxième étage qui se plaint de regarder un voisin du même palier, oubliant qu’il n’est pas obligé d’aller voir dans sa fenêtre pour voir ce qui se passe chez le voisin ou la voisine. Les scrupules sont la peur de ne pas pouvoir dominer ses propres fantasmes ou désirs. C’est aussi très souvent de l’hypocrisie … cachez ce sein que je ne saurais voir … Il est ridicule de voir des fillettes porter des brassières alors qu’elles ont encore les seins plates comme des galettes ou forcer les enfants à se vêtir sur une plage, sous prétexte qu’elle est publique. C’est leur apprendre par l’imposition de normes adultes qu’il faut avoir honte de la nudité. Ceux qui se scandalisent de voir sur une plage un enfant nu sont des malades.
La meilleure politique demeure un sain équilibre afin de permettre à chacun de vivre selon sa propre pudeur. L’acceptation ou le refus de la nudité est une simple question d’éducation.
Pour ce qui est du matériel pornographique quel qu’il soit, tout individu devrait pouvoir en acquérir pour des fins personnelles. Les phantasmes n’ont pas à être contrôlés par l’État. La police n’a pas à décider ce que l’on regarde ou qu’on lit. D’autant plus que les soins apportés aux pédophiles dans les prisons consistent à se masturber en regardant du matériel pornographique, probablement ce que font librement ceux qui en regardent chez eux. Serait-ce que le regard des gardiens est le médicament miracle ? Le danger pour les autres naît de la frustration. La pornographie peut jouer en ce sens un rôle curatif. Protéger les enfants ? Dans une émission de Mlle Jean, à Radio Canada ( une dame semble souffrir de cette obsession) la police de Val-d’Or montre des revues d’éducation sexuelle européenne en disant que c’est dégueulasse de montrer ça à des enfants… C’est à se demander qui est malade …?
Par contre, pour protéger les enfants d’une connaissance erronée de la sexualité, la pornographie devrait être interdite avant 10 ans. De plus, puisque ce matériel peut facilement entraîner des abus chez les enfants en les forçant d’y participer, le Québec devrait interdire toute production sur son territoire de matériel pornographique avec des jeunes. Ramener une revue pornographique infantile d’un autre pays ou la regarder sur internet ne met personne en danger, ce qui est loin d’être aussi clair quand il est question d’en produire.
Mémoire sur la liberté sexuelle,
Montréal , juillet 1997
