Le sexe et mes livres.
« Nous vivons dans une société de «paranoïa sexuelle» où il est plus important de protéger les pénis que les cerveaux …», texte remis au ministre de la Sécurité publique du Québec, M. Serge Ménard, à Val-d’Or, en 1996.
Il fut un temps où on pouvait contester les lois parce qu’il y avait la Commission fédérale de révision du droit. Le gouvernement pour se sauver quelques dollars a décidé d’éliminer cette commission et l’a remplacée par des centaines, de millions de dollars volés, à travers la vie politique, et remis pour assurer la sécurité des riches. Malheureusement, aujourd’hui, quand tu n’es pas d’accord avec certains articles de loi, tu n’as qu’à te taire et louer ce qu’on appelle la «démocrassie». On envoie des gens mourir dans des guerres pour défendre notre hypocrisie ; mais on n’arrive pas à respecter ici le droit de conscience individuelle. J’ai envoyé des mémoires, des textes à cette commission. Il y a plus de 40 ans. Aujourd’hui, je constate que je devrais plutôt apprendre à crier : « Vive la mafia ! Vive la pègre ! Vive les féministes réactionnaires ! Les féminounes ! On a enfin trouvé l’unité … être dépravé par la chasteté, des eunuques, car la frustration mène à la violence. Mieux vaut tuer que de jouir ! Mieux vaut des jeunes drogués, des malades mentaux par centaines sur nos trottoirs que des jeunes qui ont appris qu’ils ont un pénis qui sert à autre chose qu’à pisser. Quand on attachera plus d’importance à la violence qu’à la chasteté, notre société aura fait un grand bout de chemin. Mettre fin aux obsessions religieuses délirantes sur la sexualité, c’est une urgence.
Effectivement, parfois dans l’ensemble de mon oeuvre, je parle de sexe. J’espère être moins hypocrite et pervers que la société québécoise qui n’approuve que la censure et la condamnation du sexe comme si nous étions des anges alors que ses trottoirs se garnissent de plus en plus de jeunes rendus malades mentaux à cause des drogues, de la violence et de l’intolérance, sans parler du décrochage scolaire et de l’analphabétisme. Je parle aussi des filles, prises au piège, car cette belle société bien pensante protège, grâce à une prescription de deux ans, le proxénète. Je ne peux pas en découdre longtemps parce que je ne suis pas une fille, donc, j’ai une expérience tout à fait différente de la sexualité. Pour elles, la sexualité est le mal ; la femme est sale si elle pense au sexe, la tentation est une perversion, une caresse un viol alors que pour moi et la majorité des mâles, j’imagine, la sexualité est un cadeau du ciel … la porte vers le bonheur . La morale sexuelle des religions constitue, à mon avis, un viol de conscience et un irrespect absolu de la femme ; mais c’est cette aberration, ce délire religieux que l’on respecte, que l’on défend.
Il faut avoir été profondément intoxiqué par les religions pour vivre une morale bourgeoise qui renie le corps et ne carbure qu’au mot chasteté. Une autre aberration de cette morale est que pour un attouchement sexuel sur un mineur, même s’il y a pas de violence et un consentement réciproque, le mâle adulte peut être poursuivi pour des faits vécus allant jusqu’à 30 ans auparavant dans sa vie, et après sa sortie de prison, être sous surveillance jusqu’à sa mort; sous prétexte de protéger les jeunes d’un danger qui n’en est pas un : jouir, ça fait pas tellement mal. Pour une petite pipe ou un simple attouchement, il sera inscrit sur une liste à vie de prédateur sexuel. Un chauffard ivre qui tue un ado n’a pas le quart de cette punition, pourtant il a tué le jeune… Les religions nous enseignent que la chasteté est plus importante que la vie. Les saints martyrs le sont souvent pour avoir défendu leur virginité. C’est pourquoi les religions chassent encore les gais dans bien des pays du monde. Les religions n’évoluent pas.
L’homme mâle n’a pas de place dans une société dirigée de plus en plus par une dictature religio- féministe. Personne n’est devenu asséché après s’être fait caresser, masturber ou sucer, mais nos systèmes réagissent comme si on en mourait ou si ça nous rendait handicapé à vie. Tant qu’il n’y a pas de violence, on a beau me dire que ça fait mal, toutes les expériences de ma vie me prouvent le contraire. Évidemment, quand il suffit de prétendre avoir subi des séquelles psychologiques pour exiger 100, 000$ pour la pipe qui nous a « garoché » dans les nuages de l’euphorie quelques années plus tôt alors qu’on était mineur, c’est un commerce assez payant pour valoir la peine d’y intégrer la pègre et la police. Notre morale sexuelle est devenue l’objet d’une Gestapo ou une Inquisition moderne. La religion catholique a violé nos consciences durant des siècles en nous faisant croire dans le péché de la chair. Aujourd’hui, les réactionnaires et la droite prennent sa place très avantageusement. Mais je ne vois pas pourquoi, j’aurais à vivre leur hystérie paranoïaque. Je préfère ma folie a leur besoin de guerre pour éliminer les méchants … je ne force pas les gens à mourir de faim pour faire plus de profits. Est-ce un défaut ?
La pédérastie
Oui, j’ai parlé d’un phénomène qui existe depuis le début de l’humanité ; mais que nos esprits obtus ont toujours condamné la pédérastie. On préfère l’hypocrisie, l’ignorance et l’intolérance, à essayer de comprendre.
Que faites-vous si vous découvrez que vous êtes pédéraste ? On ne le choisit pas et on n’y échappe pas. On prétend même qu’on l’est de la naissance à la mort. Comment peux- tu vivre ta réalité sexuelle, sans être un danger, une menace pour les autres ? Dans tous mes livres, ma préoccupation fut de poser la question et essayer de rétablir la vérité et l’importance réelle des faits et actes. Comment peut-on le dire sans être explicite ? Comment prouver que beaucoup de jeunes aiment ça ? Que ça constitue aucun danger pour eux, sauf sur le plan de la morale bourgeoise. Si on ne créait pas un tel drame autour d’une relation sexuelle adulte adolescents, il y aurait moins se séquelles. Des études américaines ont établi qu’à cinq ans, il est possible d’établir l’orientation sexuelle d’un individu par la réaction des pupilles de ses yeux. On constaterait aussi que les séquelles ne sont que les effets pervers de la censure qui nous submerge depuis des siècles et depuis notre enfance, sur un plan individuel. Que ça fasse l’affaire des adultes ou non, c’est la vérité qui est importante et bien des jeunes aiment ça et y vivent une expérience positive; car pour une fois, ils n’ont pas à rejeter leur corps. D’ailleurs, ce sont les adultes qui paniquent, oubliant que les jeunes ne perçoivent pas la sexualité comme eux. La sexualité ne peut pas être traumatisante quand elle fait partie d’un jeu. C’est pourquoi je parlais d’amourajoie. Pour les jeunes, la sexualité signifie encore plaisir.
J’ai pris le risque de raconter ma vie pour combattre les mensonges que notre bonne société propage quant à ce qui se passe dans un événement pédéraste. Je ne peux pas me tromper, je l’ai vécu. Je me suis basé sur mon expérience. Ce n’est pas un savoir quelconque, celui de autres, mais une connaissance qui m’est propre. J’ai essayé de créer une morale qui pourrait être acceptable, car elle respecte les jeunes contrairement aux lois qui les surprotègent, éliminent tout respect de leur développement sexuel, de leur rythme de développement et engendrent la mésestime de soi. Selon notre conception actuelle qui vient des religions : Tout individu est sexué et se croit » un pécheur inné » à cause de la vision religieuse et négative de la sexualité, surtout les femmes Elles ont toujours été méprisées dans nos livres saints. (Lire : Le pouvoir de l’horreur). On confond pureté et chasteté. On confond nudité et pornographie. On oublie toute la théorie du développement de la personnalité des jeunes expliquée dans les livres de Freud. On nie toutes les observations de Reich et de A. S. Neil pour conserver une morale dépassée et condamnée par la science dans une société qui se prétend laïque. On veut à travers la censure forcer les jeunes à vivre le même obscurantisme que nous, les adultes de la censure, oubliant que les surprotéger, les infantiliser, c’est aussi les détruire. Cette façon d’agir est beaucoup plus néfaste qu’une expérience sexuelle non violente et consentie. On oublie le nombre de jeunes qui se suicident parce qu’ils ne peuvent pas envisager de se découvrir tels qu’ils sont. Avec ce qu’ils apprennent sur la sexualité, ils se prennent pour des monstres ce qui les amènent à se détester parce qu’ils ne comprennent pas leur développement sexuel, leurs tendances, surtout les garçons. D’ailleurs, ceux-ci ne ressentent pas la sexualité comme les filles, que ça plaise ou pas, c’est la vérité. La sexualité, pour une fille, c’est la mal alors que pour le garçon, c’est le plaisir, c’est positif, c’est viril. Qu’on fasse toutes les lois du monde, éjaculer demeurera toujours un plaisir…
Les séquelles dont on nous abreuve sont le fruit du scrupule, de la honte, du tabou d’être un humain, donc, d’être sexué. C’est ce qui arrive quand on vit dans un environnement trop religieux et trop scrupuleux. On se déteste d’avoir eu une relation ou posé un geste sexuel. On se croit sale quand ça arrive. Et, pourtant c’est la nature dans ce qu’elle a de plus beau. Comme le disaient les féministes quand elles signifiaient encore le progrès : « je suis le seul maître de mon corps et de mon esprit. » Comment pouvoir vivre une telle liberté, si on nous a empêché jusqu’au coup de minuit à 14 ans ou 16 ans de décider ce qui est bien ou mal pour nous ? Comment se créer une conscience personnelle, si on a toujours le regard inquisiteur de notre société dans nos pantalons ? Comment ne pas être affecté par une morale qui nous fait se détester parce qu’on est sexué ? La protection de notre système conduit à la mésestime de soi et à la paranoïa. Ce n’est pas en interdisant que l’on crée des êtres responsables et autonomes. Quelle que soit l’âge et le sexe , l’individu a droit à se sexualité. Il appartient aux parents de voir à créer une perception juste de la sexualité et non au système judicaire. La liberté individuelle paye moins en $$ que la répression qui doit être subventionnée pour se donner des allures d’efficacité. Évidemment, pour être acceptable, la sexualité élimine dès le départ toute forme de violence ou de domination.
Je me suis promis que jamais au Québec, l’ignorance entourant la sexualité ne permettra de rendre un autre garçon aussi malheureux que je le fus. Si au début, mes écrits servaient à me déculpabiliser, à me justifier, j’en suis venu à préconiser le développement d’une conscience individuelle libre et responsable plutôt qu’une obéissance aveugle dans le délire religieux face à la sexualité. J’ai voulu refléter la réalité des pédérastes qui ne sont pas et ne seront jamais des pédophiles, au sens scientifique. Pour que la pédérastie soit acceptable, j’ai posé comme conditions préalables : la non violence et le consentement mutuel. J’ai ensuite ajouté la responsabilité à la suite de mon expérience comme papa et professeur. Aujourd’hui, puisque je n’ai pu à craindre de perdre mon emploi, j’ajouterais le plaisir. Contrairement, aux répressifs, je fais confiance aux jeunes pour qu’ils décident par eux-mêmes, si une relation leur est favorable, d’autant plus que les jeunes ont aujourd’hui des milliers de moyens pour dénoncer et se protéger, s’ils ont un problème. S’ils n’aiment pas ça, ils trouveront bien moyen d’éviter les occasions. Les adultes sont les seuls à paniquer encore devant la sexualité parce qu’on leur a lavé le cerveau quand ils étaient petits.
D’autre part, j’ai préconisé des cours de sexualité à la fin du primaire. Aucun cours ne devait être dispensé auparavant pour respecter le caractère individuel de la curiosité naturelle des enfants et leurs besoins d’informations. Les connaissances sexuelles des moins de 10 ans devraient être comblées par les parents, car selon la psychanalyse, les jeunes se posent des questions, mais ils doivent se sentir en toute sécurité, d’où ce doit être une responsabilité des parents. Par ailleurs, à la fin du primaire, ils ont besoin, surtout si les parents n’ont pas rempli leur responsabilité de les informer convenablement, de cours généraux afin qu’ils connaissent leur corps, ses besoins, ses transformations, les dangers de maladies vénériennes et surtout apprendre à dire «oui ou non », «j’aime ou j’aime pas ». Leur apprendre à être autonome, leur apprendre qu’ils sont vraiment les maîtres absolus de leur sexualité, voilà l’essentiel. Ainsi, en arrivant au secondaire, il sauront à quoi s’en tenir et seront équipés pour vivre leur liberté. À cet âge, les parents perdent souvent contact avec leurs adolescents. C’est normal, même si ce n’est pas souhaitable. On ne peut y faire face qu’en étant attentif et ouvert. En principe, je n’ai pas de problème avec l’âge de consentement surtout quand il était à 14 ans; mais il ne respecte pas la réalité des garçons d’où je préfère qu’on l’abolisse et qu’on le remplace par l’apprentissage de la responsabilité et de la liberté. La liberté s’acquiert avec l’expérience. Le but premier de l’éducation est de créer des êtres autonomes. Tout le monde sait que l’âge ou le rythme de développement sexuel varient d’un individu à l’autre. Tout est question d’hormones quant aux pulsions. Est-il normal de toujours essayer de contrer sa petite nature, ce que l’on est en réalité. Nous ne sommes pas des anges que les religieux aiment ça ou pas.
C’est la raison pour laquelle je préconise, dans mes livres, que l’on abolisse l’âge de consentement pour permettre aux jeunes de se prendre en main et de vivre leur sexualité à leur rythme, selon leurs besoins, grâce à une bonne éducation familiale, puis scolaire. Au lieu d’agir par peur, ignorance, ils doivent eux-mêmes décider de leurs valeurs morales, à la suite de l’éducation familiale. C’est ça être autonome. Décider par soi-même. C’est beau prétendre qu’un geste sexuel est immoral, mais il faudrait pouvoir le prouver, le justifier. D’où vient cet interdit, sur quoi repose-t-il ? Dieu, un être purement spirituel, immatériel, illimité pourrait nous expliquer comment se comporter dans notre réalité d’être mortel ? C’est carrément illogique et invraisemblable. Une projection des religieux dans laquelle on interprète, dans nos limites de mortel, ce qu’un être infini pourrait penser. C’est pourtant ainsi qu’on agit présentement. Chez un garçon, les transformations sexuelles se font sentir ainsi que ses désirs de premières vraies expériences , en étant partagées, vers l’âge de dix ans ou un peu plus tard , selon les individus et la maturité de chacun. Ce n’est pas une nécessité, mais une possibilité. C’est en ce sens que je parle de pédérastie à partir de 10 ans et plus. Je ne dis pas qu’il faut initier les jeunes, qu’il leur faut avoir une expérience sexuelle à cet âge à tout prix, mais je constate simplement que les changements physiques, l’attrait et la relation, et même de perception de la sexualité pour un garçon ça se situe vers 10 ans et plus et que l’on se doit de respecter cette réalité, ce qui leur confère de facto un droit absolu à leur intégrité et la vie privée. Ce ne sont pas des bébés dépendants des adultes. Tout comme je fais une distinction entre la sexualité et la génitalité. La sexualité est plus large, elle implique la tendresse et les relations larges entre individus alors que la génitalité ne concernent que l’excitation de zones précises: pénis, seins, fesses. Les scrupuleux étendent ces zones à tout ce qui est corporel, d’où le besoin de tout cacher et ne rien toucher. C’est au jeune, lui-même, seul, de décider pour lui , et non aux adultes ; car décider pour eux , c’est tisser leur immaturité affective. Les adultes ne perçoivent pas la sexualité de la même manière qu’un enfant, c’est normal, dans une relation adulte, il faut tenir compte de la possibilité de procréer … une différence immense de responsabilité. Tout, comme les jeunes ne perçoivent pas le temps et l’espace comme un adulte. Ils perçoivent leur sexualité différemment. Ça fait juste chatouiller. Censurer et interdire la sexualité non violente et consentie, c’est nourrir la paranoïa à partir de la peur des étrangers que l’on entretient, surtout à la télévision en te sommant de ne jamais faire confiance aux autres. Une peur qui se confond avec le rejet de l’homosexualité. C’est faire croire dans un danger qui n’existe pas.
Pire, je dis que les Québécois sont incapables de prendre leur destin en main parce qu’on ne leur a jamais appris à reconnaître leur propre valeur à cause de cette éducation sexuelle malsaine. Jamais on atteindra une véritable égalité entre les hommes et les femmes, tant que la sexualité sera perçus par les femmes comme le mal absolu. D’ailleurs, si vous avez le moindrement cherché à avoir un de mes livres, vous avez constaté qu’on en trouve que très rarement et seulement dans les bibliothèques des universités ou à la bibliothèque nationale. (Où on vous mettrait en garde contre mes écrits avant de vous donner accès). Je n’ai jamais prétendu écrire des oeuvres pour la jeunesse, une autre façon d’étendre la censure sur les jeunes : leurs lectures. On pense comme tout le monde ou on n’a pas le droit de parole. Je me demande comment je peux corrompre la jeunesse parce qu’à ce que je sache, t’as plus de 14 ans quand tu fréquentes l’université. Mais, je remets les interdits sexuels pour les jeunes en question, ils ne doivent surtout pas le savoir et se questionner eux aussi. Quand il a été question d’une séance de signatures au Salon du livre de Sherbrooke, j e savais que j’y étais présent donc qu’aucun de mes livres ne serait vendu à un enfant. Par ailleurs, il aurait été intéressant de revoir les gens qui m’ont connu quand j’étais journaliste à la Tribune. Censure morale ou censure politique ? La censure sexuelle a toujours été débile. Ça me rappelle que dans mon enfance, Victor Hugo, Rimbaud, Verlaine, etc. étaient à l’index.
Quelle malhonnêteté intellectuelle ou ignorance quand il s’agit d’interpréter ce que nous écrivons : je ne prône pas la pédérastie ( comme toute orientation sexuelle, on l’est ou non, c’est totalement en dehors de sa propre volonté et on ne peut pas le devenir à moins de l’être déjà inconsciemment). Je constate des faits qui contredisent tout ce qu’on peut lire ou entendre sur la pédérastie et la pédophilie. Je déteste l’hypocrisie et le mensonge. Comment exprimer ce que je veux dire ou expliquer ces phénomènes, si je ne peux pas en parler clairement et ouvertement ? Vous semblez oublier qu’un essai comme La pédérastie mise à nu, c’est une forme littéraire basée sur l’argumentation. Comment peut-on contredire des mensonges si on n’a pas le droit d’en parler. Un essai, c’est un point de vue particulier que l’on développe. Toute notre éducation sexuelle a toujours été le silence absolu, la honte, la peur. Ce n’est pas en disant qu’il y a une différence entre la pédérastie et la pédophilie et en tentant de l’expliquer, qu’on en fait la promotion. J’ai été heureux d’avoir été pédéraste, ça m’a apporté les plus beaux moments de ma vie, je ne peux dire le contraire. J’ai adoré ça ; mais, par contre, pour d’autres ce fut l’enfer. Ils se sont suicidés. Ils étaient harcelés par les moralistes, des assassins légaux. Ils ne tuent pas, mais ils t’amènent à te tuer. C’est le message de mon ami Marc Lachance. Suis-je plus lâche parce que je ne me suis pas tué ? D’ailleurs, dans beaucoup de me textes, je parle du problème de vivre quand tu es pédéraste, qu’est-ce que ça doit être quand tu es pédophile ? Nous vivons dans une société juge, une forme d’inquisition sociale vivante, qui préfère le délire religieux à la réalité humaine. C’est complètement fou de prétendre que raconter sa vie ça veuille dire une invitation pour que les autres vivent ainsi. Une autobiographie a toujours une part de fiction ne serait-ce que par les oublis. Ce n’est pas une invitation à vivre ainsi, c’est partager une expérience douloureuse ou extraordinaire, c’est essayer de permettre aux autres d’entendre la description de votre expérience, sans devoir la vivre. Vous pouvez ainsi en partie la comprendre. C’est ça écrire à mon point de vue. On a essayé de me faire condamner en utilisant le même manège, lors de mon dernier procès, en se servant de mon livre L’homo-vicièr. Le juge ne s’est pas laissé berner et il a nettement statué qu’en aucun moment j’incite qui que ce soit à devenir pédéraste, encore moins pédophile. C’est un livre qui ne peut pas être identifié en dehors de la pure fiction -tentative d’humour. Je juge notre société à partir de mes connaissances, d’où je raconte une pseudo généalogie remontant jusqu’à Yahvé. . Qu’on le veuille ou non, la littérature, tous les bons dictionnaires et la psychanalyse font une nette distinction entre les mots pédophile et pédéraste; sauf qu’ici, au Québec, on a la malhonnêteté intellectuelle assez forte pour tenter de faire croire qu’il n’y a pas de différence. Ils savent que le langage judiciaire (l’âge de consentement) n’a rien à voir avec le langage commun de la réalité physique et scientifique. L’âge de consentement ne fait qu’indiquer ce qu’on considère légal ou non. Un abus de pouvoir de l’État, à mon avis. D’ailleurs, si Harper n’aurait pas voulu porter l’âge de consentement à 16 ans, je n’aurais pas ressenti le besoin d’écrire ce que les « sans voix » voudraient dire contre ce règne de terreur. J’ai aussi écrit cet essai car je venais presque d’être tué et je me suis demandé ce que j’aimerais absolument dire avant de mourir. J’ai choisi la liberté sexuelle au détriment de l’indépendance du Québec, car je trouve que c’est ce qu’il y a d’essentiel pour les générations à venir. La vie sera tellement difficile qu’il faut éliminer les barrières religieuses pour assurer la survie de l’espèce humaine. Les religions ne doivent conserver que la spiritualité ou disparaître, car elles engendrent la haine plutôt que la compréhension.
Mon orientation sexuelle ou les pratiques sexuelles qui la déterminent sont deux choses totalement différentes. J’ai vécu des expériences pédérastes, d’autres avec des femmes et des hommes, laquelle fait que je suis hétéro, homo ou pédéraste ? Je ne me crois pas pervers parce que j’ai voulu tout essayer ; mais un libre penseur, un petit jouisseur, comme dans une certaine philosophie qui reposait sur la jouissance. Plutôt que de me consacrer «pécheur», j’ai appris à jouir de notre éphémérité et d’en remercier Dieu. En ce sens, je me trouve plus religieux que bien des mangeux de balustre… J’ai parlé de pédérastie pour que l’on sache ce que c’est sans mensonge. Sans délire religieux. Avec le parti pris d’un gars qui le fut et le sera toute sa vie. On ne change pas son orientation sexuelle. J’ai des désirs plutôt éclatés depuis que la sexualité n’a plus autant d’importance dans ma vie. On pourrait avoir au moins l’honnêteté intellectuelle de respecter cette réalité. Ce n’est pas en infantilisant les jeunes garçons qu’on en fera des êtres responsables. Surprotéger, ce n’est pas créer des êtres autonomes, mais des automates. Ce n’est pas les protéger, mais c’est les empêcher d’être eux-mêmes et de se développer selon leur conscience personnelle et leurs expériences. Les enfants ne sont pas « les objets des adultes», ils ont droit à leur corps et à leurs propres expériences tant qu’elles sont non violentes, sans domination , responsables et pourquoi pas agréables ?
La morale bourgeoise est à la base d’un véritable commerce qui est loin de viser le bien-être et le mieux-être des gens concernés. Le mariage est un échange de pouvoir , de statut social , dans bien des pays alors que ce devrait être une union fondée sur l’amour pour donner naissance à des être qu’on chérira tout au long de notre vie. Tant qu’on aborde la sexualité en dehors du mariage comme quelque chose de mauvais, de honteux et de mal, c’est bien évident qu’on cherche à éviter les expériences chez les jeunes. Le monde judiciaire a créé des montagnes de mots ou de règles pour rendre la sexualité encore plus dégueulasse. Le judiciaire n’a jamais respecté l’âge de consentement, car pour épingler quelqu’un, on multiplie les lois, les fautes et les accusations. On coupe une même aventure en mille petits morceaux pour avoir le plus de chefs d’accusation possibles. Comment voulez-vous qu’un jeune soit capable de juger d’une situation alors qu’il est interrogé par la police ? Peut-il vraiment faire valoir, sans peu , ses choix et ses valeurs ? Ça ne le traumatise pas de voir la police jouer dans sa vie privée ? On a même détourné la raison pour laquelle on avait inscrit dans la Charte des droits de la personne, la discrimination selon l’âge, sous prétexte qu’il faut protéger les jeunes de leur imbécillité ou de l’ignorance confondue avec l’innocence. On a multiplié les termes : attentat à la pudeur, incitation à la délinquance, agression sexuelle, grossière indécence,etc., juste pour contourner le droit des jeunes à choisir leurs expériences sexuelles. Le système décide pour le jeune s’il aime ça ou si c’est bien pour lui. On considère encore les adolescents au mieux comme « la propriété des parents» ou au pire comme des idiots, incapables de savoir ce qu’ils doivent décider. On est même rendu à 18 ans dès qu’il est question d’incitation. Pourtant, l’âge de consentement est de 16 ans ; ce qui prouve l’incohérence et l’hypocrisie du système judiciaire. Si on était moins hypocrite, on y mettrait un peu d’ordre et de cohérence. Il en est ainsi car la répression est payante. Les gouvernements se sentent justifier d’y verser autant de subventions, sous prétexte qu’ils ont l’appui de la population d’où la nécessité de maintenir la paranoïa en multipliant les cas de pédophilie et ainsi faire croire que c’est un crime fréquent. C’est aussi pourquoi il faut élever l’âge de consentement. Pas de crimes, pas de subventions. Pas de subventions, pas d’emplois. Plus on place de mauvais mots, plus on peut écoeurer les gens quand ils en entendent parler dans les médias et justifier des sentences plus salées pour maintenir encore plus la peur et les raisons d’investir. Faut bien rendre ça monstrueux pour continuer une domination des individus basée sur le tabou et l’aliénation … il faut avoir peur pour justifier la chasse aux sorcières modernes.
Sur le plan légal, je préconise qu’il n’y ait plus d’interrogation sur la vie des gens, mais une seule question : Est-ce que tout le monde concerné était consentant ? C’est oui ou non . Ce doit être clairement signifié. Et, c’est la seule chose qui doit être établi. Le reste sert le voyeurisme de nos médias qui commencent aussi à se prendre pour des curés. Dans ma proposition, un non ferme qui n’est pas respecté constitue automatiquement un viol, d’où la nécessité pour le jeune de connaître absolument la portée du oui ou du non et ne jamais utiliser le « peut-être» … Si tu n’es PAS D’ACCORD, tu prends les moyens pour ne pas y participer, ne pas te retrouver dans une situation où tu es susceptible de te le faire offrir; tout comme tu as le droit de consentir.
Être identifié et pointé comme pédophile au Québec, c’est exactement la même chose que de recevoir un ticket au suicide. Identifié pédophile, c’est vivre le rejet total, absolu. On ne peut plus travailler à un emploi raisonnablement bien payé, ni faire de bénévolat , on ne peut qu’espérer, puisque tout le monde vous écarte pour ne pas passer pour des pareils, que de crever au plus vite pour fuir cet enfer. Pourtant, on apprend en psychologie qu’aimer et être aimé, c’est aussi important que de respirer. Tu peux tuer, quand tu sortiras de prison, tu auras droit à la liberté. Mais pour une caresse ou tout autre geste sexuel non violent, tu pourras à vie être sur une liste de prédateurs sexuels, une liste de gens qu’on a le droit et le devoir de haïr. Ce mépris est digne de la Gestapo ou de l’Inquisition, un même délire d’ignorance et de prétendue supériorité. Pourquoi un mouvement qui doit défendre les minorités, comme la Commission des droits de la personne, peut-il accepter un tel harcèlement à vie pour un crime sexuel non violent ? La folie ne pousse pas qu’à tuer… On ne fait aucune distinction entre un geste sexuel non violent et un viol. C’est un peu fort, non ? La paranoïa de certains parents face à la sexualité justifie-t-elle une telle mise à mort à petit feu ? En quoi est-ce différent que de la torture morale et sociale ? C’est plus facile de faire haïr un pédéraste que de condamner une junte militaire qui opprime son peuple ou un président qui déclare la guerre à un pays pour l’envahir et lui voler son pétrole. Dans le cas du pédéraste, il fait jouir sa victime; alors que le président fait tuer, mais les morts sont au moins demeurés chastes… le président a le droit de commander de tuer, lui, c’est le président ; c’est plus acceptable que s’il avait sucer un jeune qui risque d’avoir aimé ça… Est-ce qu’un chauffard saoul qui a entraîné la mort d’un ado se voit refuser le droit d’être écrivain, sous prétexte qu’il n’a pas agi selon les règles ? Est-ce qu’on lui enlève le droit de dire dans ses livres qu’il aime le vin et que le vin est bon ? C’est pourtant les règles que je vis au Québec réputé pour son sens de la démocratie et de la tolérance. Je ne me plains pas, je constate.
Dans mes livres, j’ai posé deux question fondamentales en ce qui a trait à la sexualité : la répression sexuelle est-elle justifiée ? Qu’est-ce qu’on fait, si un jour, on se découvre pédéraste ou pédophile dans une société maladivement intolérante comme la nôtre concernant tout ce qui touche au sexe chez les mineurs ? Ou que notre fils l’est ? Évidemment, si j’avais été en Iran ou tout autre pays fanatiquement religieux, je n’aurais pas eu besoin à me poser la question. Je serais mort. Cette religion se comporte en assassin pour faire croire qu’elle détient la vérité, mais en ce faisant elle perd le sens de » la miséricorde de Dieu ou d’Allah. » On peut tuer un jeune dans une guerre ; on peut l’exécuter s’il est prisonnier de guerre, même si c’est un meurtre légal, on peut lui vendre de la drogue, le forcer à voler pour se nourrir ; le frapper pour qu’il obéisse ; on peut s’en servir comme enfant- soldat ; on peut le tuer en chauffant saoul ; le faire travailler avant d’avoir terminé l’école secondaire ; tout ça n’a pas d’importance, tant qu’il demeure chaste. Si ce n’est pas de la folie, je me demande ce que c’est. Selon eux, la misère ne traumatise pas; seule la jouissance, le sexe, y parvient. C’est cette société d’hypocrite, cette folie, que je me suis efforcé de dénoncer à travers mes écrits et j’en suis très fier. Malheureusement, on revient à la censure d’antan, les religions reprennent de la crédibilité alors qu’il n’a jamais été aussi évident qu’elles ne sont que des moyens efficaces de se remplir les poches en maintenant la foi des hommes dans des philosophies basées sur l’ignorance, et ce, même si on multiplie les diplômés d’université en théologie de toutes sortes. Le discours débile des religions sur la sexualité n’en demeure pas moins un viol de conscience collectif.
Quant à mes titres, il faudrait retirer les Évangiles, car il est écrit comme parole de Jésus dans l’Évangile » Laissez venir à moi les petits enfants. » Laissez venir à moi les petits gars raconte l’histoire d’un gars qui va en prison pour des actes sexuels. C’est un roman, même s’il se donne des airs d*autobiographie et qu’il est très près des faits vécus. L’Homo-vicièr est un texte de fiction qui se veut drôle du début à la fin. Sa conclusion est à peu près la suivante : il faut aimer, aimer, ça change le monde. J’aurais dû écrire pour obéir à la philosophie de notre système : il faut voler, se droguer, tuer, faire la guerre et empocher les plus gros profits possibles. J’aurais ainsi prôné la morale qui prévaut dans notre société actuelle et qui s’affole dès qu’il est question de sexe. Une morale immorale.
D’ailleurs, quand j’ai été reconnu par l’UNEQ comme écrivain titulaire, donc professionnel, ces livres avaient déjà été publiés, mais à cette époque, on avait pris le temps de les lire avant de me condamner. On savait de quoi on parlait. On ne s’accrochait pas dans une phrase quelconque. Quant au titre dans Sortir, » Aimer les petits gars, féerie des adultes. », c’était un collectif. Ce livre a été écrit pour dénoncer les gens qui tuaient les homosexuels dans les parcs sous le silence affectueux de la police et la violence de celle-ci quand elle effectuait des descentes dans les clubs gais. Mon texte visait à démontrer que c’est faux de prétendre que les jeunes n’y participent jamais de bon coeur et que vivre leur sexualité comme ils l’entendent est un droit. J’ai écrit cela pour révéler ce qu’une « toute petite minorité pensait, mais qui avait trop peur pour ouvrir la bouche ». Je me suis consacré porte-parole. Je voulais établir une distinction entre ce qui est violent et ce qui ne l’est pas. Un élément essentiel pour déterminer la dangerosité. Ce titre, je ne l’ai même pas choisi; je l’ai appris en lisant le livre ; mais au nom de la vérité, je l’accepterais encore, si j’en avais l’occasion. Le monde a droit à la Vérité, Je ne peux pas dire le contraire de ce que je pense. Je ne suis pas encore assez tordu pour nier ce que je ressens. Ce livre avait aussi été publié quand je fus admis comme écrivain titulaire à l’UNEQ. Serait-ce que la tolérance se serait dégradée dans notre société plutôt que de s’affirmer en dehors des volontés religieuses ? Il est malheureux que notre société ne se scandalise pas autant de la violence que du sexe. On s’en porterait sûrement mieux. Comment peut-on prétendre qu’un jeune qui vit la violence à toutes les secondes de sa vie à travers ses jeux n’est pas influencé par elle et que dès qu’il voit un corps nu, il s’affaisse de malaises. Il faut être malade pour y croire. Je trouve la violence de nos sociétés un mal beaucoup plus profond que la liberté sexuelle. D’ailleurs, selon Fourrier, la violence des individus est en rapport direct avec le degré de répression sexuelle de la société. Bonne chance ! La violence et les drogues sont plus néfastes que n’importe quelle expérience sexuelle consentie et vécue avec plaisir… mais ça paye. Le système économique ne peut pas survivre sans violence. La guerre permet d’investir dans la recherche et la reconstruction. Pas de guerre, pas assez de dépenses inutiles pour maintenir le système. Si les religions prennent à nouveau le contrôle de la morale, le ciment social celle-ci sera de plus en plus fanatique et meurtrière. Les droits de la personne n’existeront plus. Le système judiciaire est déjà contrôlé par la pègre et bientôt on y ajoutera les religions parce qu’on aura déformé le droit à sa religion. Qui détermine si ce que je crois est une religion ?
Je ne peux me mettre à mentir ou me taire pour donner raison à ceux qui vivent encore à l’époque où on croyait encore dans le péché de la chair. Où on croyait que le plaisir conduit à la folie. Je crois qu’être trop scrupuleux ; c’est une forme de psychose. Une société égalitaire homme femme ne sera jamais possible tant qu’on évoluera dans la morale du Québec de mon enfance ; même si je viens d’une famille extraordinaire. Si les féministes et les réactionnaires de tout acabit veulent une société castrée, pas moi. Je préfère ma névrose à leur psychose. L’homme et la femme doivent être égaux, mais ils ne seront jamais pareil dans leur façon de la percevoir la sexualité, du moins, tant que l’Amitié n’aura pas repris la place qui lui revient. Pour l’homme, la sexualité est un fruit du paradis; pour les féministes réactionnaires et les religions, la sexualité est la pire catastrophe qui fut donnée à l’humanité.
Si les religions se mêlaient que de spiritualité plutôt que de jouer aux gendarmes, comme elles devaient le faire à l’époque où les prétendus livres saints ont été écrits, ce serait un actif très positif pour toute l’humanité; car le message se résume à s’aimer, à être charitable. Le problème des religions, c’est qu’elles n’évoluent pas , qu’elles accordent plus d’importance aux rites qu’à la philosophie, la pensée de base . Elles divisent les hommes plutôt que de les unir. Elles continuent de voir la vie la vie à travers le regard de frustrés ou de gens qui hallucinaient à force de faire des sacrifices. Nier ses besoins, surtout sexuels, c’est garantir la folie à long terme. Les prophètes ont-ils vraiment été en contact avec un dieu ? Étaient-ils des schizophrènes ? Ils prétendaient avoir rencontré Dieu. Un extra-terrestre ? Pour le croire, il faut une foi aveugle et souvent maladive, car le point de vue de dieu (une pure projection ou énergie pure) l’emporte sur la réalité humaine et jamais que nous ne le voulions ou pas nous ne serons des dieux sur cette terre. Alors pourquoi nous comporter comme si nous voulions l’être ? Qu’il y ait quelque chose après la mort, c’est possible, mais c’est aussi possible qu’il y ait seulement un vide absolu. Rien. Aucune pensée, aucune sensation. Le vide éternel. Une chose est certaine, nous vivons le moment présent, dans un espace et un temps, une réalité qui est bien présente. Le reste, l’avant et l’après, n’est que spéculation. La spiritualité tient de la foi alors que les religions sont des règles qu’on a inventé pour essayer de discipliner un peu les hommes.
Les religions sont loin de la pensée de base que l’on retrouve dans ces phrases sublimes de la religion catholique : « Aime ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu », ou encore, « ne juge pas ton prochain » alors que chez les musulmans , le Coran insiste sur la «Miséricorde infini de Dieu». On a pas besoin d’être de très grands théologiens pour voir que les religion ne respectent pas cette vérité fondamentale, je dirais même, la base de la foi. Ça donne quoi d’avoir un Être Supérieur, un Dieu, s’il ne nous indique pas le chemin de la perfection, de l’Amour absolu, de la charité et de l’idéal ? Mais, les religions ça demeure des règles humaines, parfois même strictement commerciale (particulièrement les viandes juives ou musulmanes). On peut se faire croire toutes sortes de choses, se mentir et se croire un exemple, tout en étant la charogne des charognes, parce que notre intention égoïste est travestie en vertu. (C’est dimanche, je dois filer un peu curé, mais c’est aussi une de mes réalités : j’adore réfléchir sur le sens de la vie).
Mon ex-médecin, à Montréal, était Juif. Un homme extraordinaire qui m’appelait « ses cours de français obligatoires » et qui a fini par trouver les Québécois assez extraordinaires. Je lui disais enfin comprendre que presque toutes les guerres sont le fruit du fanatisme religieux. C’est surtout vrai pour la lutte entre Israël et la Palestine Ce à quoi il me répondit que je ne suis pas très très vite, car ça m’a pris 60 ans pour comprendre une chose aussi évidente : les religions sont à la base de presque toutes les guerres. L’économie complète le tableau des raisons fondamentales. La guerre entre Moscou et la Tchétchénie parle d’elle-même : le pétrole. Pour le faire oublier, on accorde une importance gigantesque à la sexualité, car tous les hommes doivent la régir pour eux-mêmes. Pendant qu’ils s’y occupent, ils n’ont pas le temps de se poser d’autres questions plus fondamentales. Avec la mondialisation, tout est devenu affaire de commerce ou de profit. Comme je le disais, il y a 40 ans, dans l’Homo-vicièr, même «cruiser» est devenu un commerce. Je n’ai jamais nié être pédéraste, mais j’ai jamais parler des autres expériences qui font que je pourrais tout aussi bien me prétendre gai ou hétérosexuel, tout simplement parce que ces orientations sexuelles sont connues, sont majoritaires. Qu’est-ce que ça donne de parler de ce que tout le monde connaît ? J’espère que je ne serai jamais assez hypocrite pour nier que la pédérastie est l’orientation qui m’a apporté le maximum de joie et de peines. C’est normal. Quand tu es en amour, tu regardes l’autre vivre, tu ne vis pas pour lui. Ce qui lui arrive ne te laisse pas indifférent, mais tu n’es pas en position pour vraiment intervenir efficacement. La pédérastie est-elle un sujet interdit ? Une seule chose a changé en moi : je n’espère plus que l’on essaie de comprendre mon point de vue, car, ça ferait perdre trop de subventions aux mouvements qui se nourrissent de la répression sexuelle pour s’enrichir. Dans notre société, il n’y a qu’un dieu : la $$$. Je considère que demander que l’on réévalue la sexualité et la façon de l’approcher en fonction de la science plutôt que des religions, c’est perdre mon temps. Les religions sont un des moyens les plus efficaces pour faire de l’argent. Puisque les revenus sont excellents, on ne changera pas de recette.
J’ai abondamment écrit, crié ma pédérastie, dans mes livres alors que j’étais plus jeune. Ce fut le cas dans Réjean, dans L’amourajeux (premier titre de ce recueil de poésie). Je l’ai réécrit de différentes façons, à partir de presque toujours les mêmes textes, avant de l’appeler Autoportrait d’une révolte que je voulais un bilan de ma poésie. Le roman que j’ai eu le plus de plaisir à écrire fut Le jeune espion. J’y mêle l’histoire de la Thérèsa et ma pédérastie. Lorsque j’ai écrit Le jeune espion, je l’ai présenté dans un concours de littérature gaie. Une poétesse féministe bien connue s’y serait tellement opposée que la remise du prix au salon du livre de Montréal fut annulée. Je n’ai jamais compris cette obsession de m’empêcher de publier au Québec. Ça ressemble à cette loi ultra stupide selon laquelle les dépanneurs doivent cacher les cigarettes… La folie ne porte pas qu’à tuer…
Quant à moi, je suis très fier d’avoir essayé à travers mes textes (beaucoup ne parlent même pas de sexualité), de créer avec le temps une utopie, un pays qui serait acceptable pour tous, même les pédérastes. J’adorais l’Utopie. C’était finalement ma véritable animation : essayez d’imaginer un monde dans lequel les humains seraient heureux. Un chose impossible sans la liberté et sans créer une conscience personnelle. Puisque les pédérastes ne pourront jamais échapper à leur réalité, il est normal que l’on partage cette expérience pour dé souffler cette baloune de peur, cette paranoïa. Mais, on est pas comme les cigarettes: on ne peut pas nier notre existence ou la présenter comme une réalité monstrueuse. Essayer de rétablir la vérité fut donc aussi un autre but important de mon écriture.
Quant à moi, je suis fier d’avoir essayé à travers certains de mes livres (beaucoup de mes textes ne parlent pas du tout de pédérastie), de créer une morale acceptable pour les gens qui se découvrent les pédérastes, car, ils ne pourront jamais échapper à leur réalité. Ce fut ma façon de combattre la violence. Et, dire aux autres qui souffrent en silence, seul, l’enfer social humain : vous n’êtes pas seul à avoir vécu autant d’intolérance. J’ai souffert comme tous de la censure quand j’étais jeune et j’ai décidé de me battre contre cette forme de propagation de l’ignorance et de l’intolérance. La censure est un viol de la conscience et de l’esprit. Il y a à peine 20 ans, Victor Hugo tombait sous les interdits. Les escouades de la moralité couraient les dépanneurs pour nous empêcher de voir les revues cochonnes, mais nous avons quand même appris ce que l’on voulait savoir. Peut-être tout croche, mais on ne pouvait pas faire mieux. Nous avons posé les jalons pour la lutte des droits individuels, droits que l’on essaie maintenant de faire disparaître sous prétexte encore une fois de protéger les jeunes. Au moins, aujourd’hui, le Marquis de Sade est en vente libre dans les librairies. Le débat sur mes textes prouvent qu’on est encore esclave de la religion au Québec dans ce qu’elle a de plus diabolique : nous faire croire que la sexualité est mauvaise. La sécurité et la protection des jeunes est à nouveau synonyme de censure et de dictature morale. Elle bafoue le droit des jeunes à leur sexualité et à leur vie privée. Ce n’est probablement pas le sujet de lutte le plus important alors qu’on parle de millions de gens condamnés à crever de faim au cours des prochaines années pour assurer de meilleurs revenus aux pétrolières; mais la morale débarrassée de l’aspect sexuel permettra peut-être plus rapidement l’éclatement d’une solidarité mondiale, car elle ne sera plus freinée par les différences et les haines religieuses qui se résument principalement à la perception de la sexualité. On installera peut-être la confiance plutôt que les procès d’intention. Tout le monde est d’accord sur la spiritualité, seule, la morale sexuelle et les institutions religieuses continuent de nous diviser et de prétendre qu’il faut se mépriser parce qu’il y a les purs et les impurs. Les vrais impies sont ceux qui refusent la tolérance et la compréhension des autres.
Aussi, quand je parlais de poésie de jet, ça n’avait aucune saveur sexuelle, Ça signifiait simplement que je ne me sentais pas encore assez bon poète pour me classer parmi les grands ; mais que je considérais que mes poèmes étaient assez significatifs pour justifier leur parution. Mes textes n’étaient pas seulement tirés de la rêverie, dits de façon à ce que personne ne comprenne ce que je voulais dire, mais aussi de la réalité, de la vie quotidienne. Je préconisais une poésie plus musicale. J’avais essayé de créer une nouvelle ponctuation pour marquer la façon de les lire. Un échec total. Je voulais donc une poésie plus réaliste, plus engagée, plus politique. La poésie ne doit pas être que fleurs bleues, mais des mots qui ont un sens, un double sens parfois. La poésie, c’est aussi l’image, le tableau global. La poésie ne sert pas qu’à exprimer les dépressions amoureuses; mais aussi et autant la révolte. Un cri qui sort d’un coup, un jet. Parfois, un crachat comme l’exprimait si bien Léo Ferré. Comme le «slam» aujourd’hui, quarante ans plus tard. Une poésie de l’émotion. Dommage que par ignorance, on s’imagine que c’est une éjaculation. Une perception de femme en chaleurs. Je n’étais pas encore aussi obsédé que celles qui me jugent aujourd’hui, sans avoir jamais lu mes textes.
Retour au fascisme
La vague -retour au fascisme est bel et bien déclenchée. Avec la loi C-10, on remet en place la censure comme lorsque j’étais jeune. En essayant de protéger le foetus, les Conservateurs espèrent interdire l’avortement à moyen terme; avec les accommodements religieux, les religions pourront s’offrir tous les privilèges au nom de leur foi. On reparle ce matin de la députée Sylvie Roy, de l’Action démocratique, qui tente de relancer le débat sur la liste permanente des pédophiles et la castration chimique, sans tenir compte si ces relations sont violentes ou non. Donc, c’est encore la religion qui décide et impose ses valeurs morales. On essaiera certainement de revenir sur la maladie mentale pour définir l’homosexualité, c’est une question de temps. Personnellement, avec tout ce que j’ai écrit, je me suis placé dans l’endroit idéal pour être victime de chantage. Il suffit de revenir à 40 ans plus tôt pour trouver un jeune qui se rappelle et qui n’obtient pas l’argent qu’il veut pour que l’on puisse me faire la peau. L’humanité n’évolue pas. Pour du pétrole, bientôt on pourra y ajouter l’eau et la nourriture, on accepte que des millions d’humains meurent. Ce n’est pas une vision pessimiste, c’est la réalité. Il est impossible de voir ce qui pourra modifier cette tendance. Les journalistes se mettront bientôt à décrier les droits de la personne. On est pas sorti du bois… on retourne vers le pouvoir du fascisme.
L’industrie du chantage sexuel.
Il est évident que la pègre est directement liée au chantage qui s’exerce sur les présumés prédateurs sexuels. Ce n’est pas pour rien que l’Action démocratique exige que les listes de la police soient rendues publiques. À partir de ces listes et les différents chiffres d’accusation, il est possible d’établir un système de chantage permanent. Une rente à vie à payer au maître chanteur. Par exemple, en écrivant mon blog, je savais que je m’exposais au chantage, car aucune disposition de la loi permet une prescription, mais elle existe pour les proxénètes à deux ans. Comme me le disait mon bon ami Faucher, qui était policier, tu as avantage à te faire oublier dès que tu es accusé, car tu perds automatiquement le droit de parole, surtout si tu t’intéresses aussi à la politique. « Même si tu défends les droits individuels, on fera croire que tu défends tes intérêts personnels.» Dans mon cas, depuis quelques temps, les cas bizarres se sont multipliés. Par exemple, j’ai un individu qui est entré en contact avec discussions directes, service MSN. Puisque j’ai la cam, il voulait tout voir ; mais pas question de se laisser voir, surtout le visage. Un policier qui s’essaie ? De la prévention entre adulte ? Bizarre ! Entre adultes, ces peurs ne devraient pas exister; mais on sait que des policiers se font passer pour des jeunes pour essayer d’attraper les prétendus prédateurs. Pourquoi pas «framer» une situation où la victime se dit adulte, mais que ce soit un jeune ou un maître chanteur (policier ou pas). Une fois qu’on t’a sur cam, alors on peut faire croire que ça s’est passé comme on veut, selon ses bénéfices. Bizarre que le manège doive durer des mois avant qu’il y ait arrestation. La sollicitation doit se faire dans les deux bords pour qu’il se passe quelque chose et que l’aîné puisse croire dans l’existence du plus jeune. Peut-on parler de sollicitation quand tu es ainsi harponné ? Est-ce légal ? J’ai eu un deuxième cas, plus clair, une jeune fille qui prétendait être très riche, mais il lui fallait un intermédiaire pour avoir l’argent de la banque européenne. Une petite Africaine dont la famille a été décimée dans une révolte populaire par une junte militaire. J’ai transmis ses informations à la banque européenne comme elle le voulait et je n’en ai plus entendu parler depuis. Sauf, qu’elle prétendait vouloir venir vivre avec moi. Puis, j’ai une ancienne flamme, appelons la Daniel (puisque je crois qu’il est mort) qui veut avoir de l’argent sous la menace de tout dévoiler ce qui se passait il y a 40 ans. On sait que l’Église catholique a dépensé des millions pour se faire pardonner. Le chantage a été ainsi consacré. Il fera dorénavant parti de nos moeurs. On sait que souvent, particulièrement les femmes, se sont servies de motifs sexuels pour avoir une meilleure pension alimentaire. Que ce soit vrai ou pas le jour où les journaux en parlent, t’es un homme mort. Bizarre, comment TVA joue au curé … On le sait et on en profite. Ce serait intéressant de savoir quels liens se sont établis à partir de ces chaînes de chantage, les médias et les partis politiques. Personnellement, j’ai pris conscience de ce trafic, il y a une dizaine années. Malheureusement, je n’y peux rien. On me l’a bien fermée. Tant qu’on ne peut pas espérer que la vérité soit connue et reconnue, la droite aura le gros bout du bâton. Il suffit d’entretenir la paranoïa pour que les gens croient que cette situation est normale. Ce n’est sûrement pas prêt de changer. Même le ministre libéral, M. Dupuis, analyse les avantages politiques de rendre public la liste des prédateurs sexuels. On n’est jamais trop vertueux, surtout quand ça augmente les votes en sa faveur. Les femmes qui appuient l’Action démocratique pour l’obtenir pourront maintenant remercier les libéraux. L’Action démocratique est le faire valoir libéral par la droite alors que Québec Solidaire semble jouer le même jeu à gauche pour éliminer le Parti Québécois. Les Québécois choisissent toujours le centre de préférence.
Être victime de chantage, c’est affreux. T’as vite mal à la tête, à l’estomac. Tu te demandes ce qui arrivera à tous ceux qui sont proches de toi. Tout est noir. Tu voudrais crever d’un coup. C’est une sensation affreuse. Tu n’as rien à dire pour te défendre, tu es condamné juste par le fait d’exister. Après, on s’étonne que les prédateurs deviennent fous et violents. On fait tout pour que ça arrive. Le pouvoir est ainsi à l’abri de tous les dissidents… il suffit de les accuser de récidive pour qu’ils soient silencieux à jamais. Quand il y a chantage si on obéissait à la peur qui nous anime, on prendrait une corde et on irait immédiatement se pendre. Peut-être que ce sera le seul moyen de faire comprendre aux bien-pensants qu’ils sont aussi des salauds en ne respectant pas la vie privée, en autant qu’il n’y a pas de violence.
N.D.L.R. : Le ministre Dupuis ne serait pas très chaud à l’idée d’un registre public. Bravo ! Espérons qu’un jour on exigera que l’on fasse une différence entre un jeu et un crime.
